Fermer

Veuillez renseigner vos informations ci-dessous afin de télécharger ce document.

Redécouvrir Vermeer avec la théorie U

1er décembre : dernière édition 2017 de l’Art de Déjeuner. Au fond d’une cour encombrée du 14ème arrondissement, nous empruntons un escalier semblable à tous les autres – du moins jusqu’à la porte blindée qui en commande l’accès quelques marches plus bas. Notre guide l’ouvre, et nous entamons une grande descente dans les anciennes carrières parisiennes.

Au fur et à mesure que nous nous enfonçons dans les profondeurs de la ville, la température remonte, tempérée par les forts blocs de calcaire creusés des siècles plus tôt. Une fois descendu l’impressionnant escalier, nous avons tous hâte d’ôter écharpes et manteaux, et rejoignons nos amis dans une salle magnifique taillée dans la roche, éclairée pour l’essentiel à la bougie.

Un château de calcaire à cent pieds sous terre

Au milieu d’une trentaine d’invités nous retrouvons Stéphane Coviaux. Fondateur et animateur des Ateliers du Regard, il nous a guidé depuis deux ans à la découverte d’une autre façon d’appréhender l’art, dans des lieux aussi divers que le Musée d’Orsay, le LAM de Villeneuve d’Ascq, l’institut Lumière de Lyon, le Musée des Augustins de Toulouse, le Musée des Beaux Arts de Marseille, le Château des Ducs de Bretagne de Nantes ou le Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg.

Lire aussi : L’Art de déjeuner, source d’inspiration pour les managers

Cependant, cette fois-ci, nous ne nous trouvons pas dans un musée, mais bien dans un lieu soigneusement tenu secret – à tel point que nous devons tous signer un accord de confidentialité nous interdisant d’en donner l’adresse ou d’en publier des photos qui permettraient de le situer. La soirée va être placée sous le signe de Vermeer.

Une expérience esthétique avec Vermeer

Nous nous installons dans une salle voutée adjacente, d’une belle sobriété, non sans remarquer la présence d’un vidéo projecteur. Après l’introduction de Didier Zoubeïdi, Directeur Marketing d’Edenred France, nous nous offrons trois minutes, en silence, à contempler l’Astronome de Vermeer, conservé au Musée du Louvre. Donner du temps à l’œuvre constitue la base de la méthode de Stéphane Coviaux : il s’agit d’observer sans chercher un sens, et de répondre ensuite, une fois l’image éteinte, à une simple question : « Qu’avez-vous vu ? ».

vermeer-l-astronomeIl est toujours aussi surprenant de constater la diversité des observations. Les uns ont été touchés par la nappe et son drapé bleu et or, par le col de fourrure, par la main qui touche le globe. D’autres ont ressenti une sérénité du personnage, dont « le visage est caché mais la main nette ». Les vitraux, la pendule (s’il s’agit bien d’une pendule), la lumière sur les livres… une multitude de détails sont ainsi passés en revue par les invités qui s’expriment sans cérémonie les uns après les autres.

Retour au tableau. Notre Cicérone nous invite cette fois à concentrer notre attention sur les couleurs (merveilleux assemblage d’ocres et d’outremers), puis sur la lumière, l’ambiance générale, la composition du tableau, et bientôt la position de l’astronome, la gestuelle et l’attitude de ce personnage au travail comme aimait à les peindre celui que l’on a pu appeler le Sphinx de Delft (1632-1675), maître universellement admiré de la peinture baroque flamande malgré une production fort limitée – on en connait une soixantaine d’œuvres seulement.

L’assistance est ensuite invitée à revoir une toile rendue célèbre… par la publicité : la Laitière. On y note immédiatement les similitudes avec le tableau précédent : les couleurs, la précision du geste, l’attention que porte le personnage principal à sa tâche, entre autres.

Les enseignements de la soirée

Une fois les toiles disparues, les invités sont appelés à revenir sur leur vécu de ces échanges. Parmi leurs remarques :

  • la richesse des échanges,
  • la participation de tous, qu’il soit connaisseur ou béotien,
  • le lâcher prise qui n’a pas tardé à s’installer,
  • la liberté de parole partagée,
  • la bienveillance de l’écoute,
  • la suspension du jugement,

Sans nous en douter, nous avons suivi la progression formalisée par Otto Scharmer (MIT, Tsinghua University) sous la forme de la « théorie U ». Cette approche distingue quatre niveaux d’écoute : téléchargement, factuelle, empathique, générative, selon une courbe en U. Aller trop vite à la conclusion d’une réflexion ne conduit qu’à des solutions toutes faites. Il faut accepter de descendre dans les profondeurs de la courbe pour dégager une compréhension réelle et dégager de vrais enseignements opérationnels.

Avant de remonter tant le grand escalier que la branche droite du « U », s’ensuivra un cocktail amical et détendu pour conclure cette soirée « VIP » décidément pas comme les autres !

theory_u

La théorie U d’Otto Scharmer

Stéphane Coviaux est le fondateur des Ateliers du Regard. Il propose aux entreprises des activités de cohésion d’équipe, des événements d’entreprise et des formations managériales, fondés sur une approche nouvelle de l’art. Il est l’auteur d’un livre sur les Annonciations de Fra Angelico (Devant l’Epouse, éditions Médiaspaul, collection les Jardins du Regard), et de nombreux articles d’analyse d’œuvres d’art. 

Laisser un commentaire