Hackathon : pourquoi pas vous ?

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Processus créatif fréquemment utilisé dans le domaine de l’innovation numérique, le hackathon est une forme de challenge qui peut trouver une application plus large dans toutes les entreprises.

Si le terme fait d’abord penser au Haka des All Blacks, le hackathon n’a en réalité rien d’agressif ! A l’origine, un hackathon consiste en un rassemblement de développeurs informatiques volontaires, réunis pour faire de la programmation collaborative. Forgé à partir des mots « hack » et « marathon », son principe est de faire travailler non-stop de petites équipes de 2 à 4 personnes pendant une durée généralement comprise entre 24 et 48 heures. Objectif : favoriser l’émergence d’idées novatrices. Les hackathons de la Silicon Valley sont les plus célèbres – parmi beaucoup d’exemples, la fonction Like de Facebook est née lors d’un hackathon. Mais d’autres acteurs, non technologiques, s’y mettent eux-aussi.

Une multitude d’applications

Si le hackathon visait initialement à faire émerger des innovations technologiques, son principe de fonctionnement peut aussi s’appliquer à l’amélioration d’une situation existante.

Ainsi il existe des hackathons organisés par des villes (comme celui de Washington DC autour de l’open data), d’autres qui ne rassemblent que des femmes pour résoudre les problèmes de l’eau dans le monde, d’autres pour lutter contre le chômage (organisés par la mairie de Paris), ou encore celui organisé par Orange en juin 2016, destiné à générer des solutions numériques pour l’autonomie des personnes âgées ou handicapées.
Appliqué à une entreprise, un hackathon rassemble différents collaborateurs appartenant à des équipes diverses autour d’un projet commun. Il installe un contexte permettant des échanges ludiques, intenses et transverses, démontrant ainsi la capacité de l’entreprise à être agile.

L’innovation, et plus si affinités

Un hackathon constitue l’occasion de faire naître de bonnes idées, de stimuler la R&D, de repérer des talents, de mettre en lumière des compétences inexploitées, mais aussi de faire se rencontrer des employés issus d’équipes qui n’interagissent pas habituellement. 85 % des participants du Hackathon Women Innovation citaient  le développement de l’intelligence collective comme principal bénéfice de l’événement. Hackathonner permet ainsi de mettre en valeur des compétences que la routine ou le silotage des organisations peuvent masquer.

Une infusion de culture entrepreneuriale »

Pour Philippe Silberzahn, professeur en management de l’innovation à l’EM Lyon, « les hackathons sont une infusion de culture entrepreneuriale ». Auteur du livre Relevez le défi de l’innovation de rupture, il ajoute que « cette approche est très positive car elle s’appuie sur les salariés. Pour une fois qu’on leur fait confiance ! ».

Hackathon en entreprise, comment s’y prendre ?

Déterminer un objectif clair : Proposer aux collaborateurs de trouver une idée qui les inspire, en rapport avec l’entreprise, ses projets mais aussi tout son environnement : créer une fonctionnalité ou un service aux clients, régler un problème agaçant et récurrent, ou juste améliorer le stationnement des vélos dans le parking… tout est envisageable.

Hackathonner vient en hackathonnant : Absence d’obligation de résultat, décontraction, droit à l’erreur sont autant de principes importants pour la réussite d’un hackathon. Il faut garder à l’esprit que c’est sa pratique régulière qui permet l’émergence d’innovations. Les résultats d’un premier hackathon peuvent être décevants, mais ils deviendront plus intéressants au fur et à mesure des éditions.

Une seule contrainte : l’exemple vient des hackathons des géants de la Silicon Valley : les participants ne doivent pas travailler sur ce qui les occupe le reste du temps.

Lire aussi le témoignage de Claire Bussac, responsable de l’innovation RH chez Crédit Agricole S.A.

Une récompense : dans les hackathons ouverts au public, la visibilité et la reconnaissance des pairs agissent comme un puissant levier. Avec, parfois, d’autres récompenses : prime, rencontres avec des fonds d’investissement, place dans un incubateur… Orange ou la SNCF en ont organisé, et l’Ecole 42, créée par Xavier Niel, en héberge régulièrement pour le compte de Microsoft, la Société Générale, Pernod Ricard ou encore Axa.
En entreprise, la recherche de récompense n’est pas le moteur principal des participants, mais bien davantage l’intérêt et le plaisir trouvés dans l’action. Si malgré tout une récompense paraît souhaitable, on privilégiera les récompenses d’équipes.

Principal danger :
celui de n’y donner aucune suite… au risque d’engendrer une grande frustration. Pensez donc à ne pas tuer l’envie d’innover en donnant les moyens de finaliser les projets gagnants ; l’objectif est de réaliser 80% des projets nés des hackatons.

Aller plus loin :
• Le site Hackathon.com qui recense des hackathons de toutes sortes
• 10 conseils pour réussir son premier hackathon
• et pour terminer sur une note d’humour, un hackathon des idées stupides… qui a connu un franc succès !

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