Grandeur et servitudes de la cravate au bureau

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La cravate a achevé son recul, et aujourd’hui elle est volontiers portée au bureau par les moins de 30 ans. Mais elle ne constitue pas un accessoire aussi évident qu’il y parait. Du choix, du nœud… et de l’art d’éviter les taches.

Parce qu’il n’est plus systématique, le port de la cravate est devenu le fruit d’un choix personnel ou d’une situation professionnelle. Mais porter une cravate ne suffit pas être chic, loin de là. Il y en a de plus ou moins formelles : cravates clubs, rayées, à pois, à motifs géométriques (carreaux, tartans, plaids, diamants…), les cravates unies, et toutes les autres : palmiers, pin-up’s, BD et vieux tacots. Ce sont ces dernières qu’on ferait bien d’éviter, voire de fuir comme la peste, met en garde un magazine en ligne spécialisé, le Parisian Gentleman.

Qui porte une cravate au bureau aujourd’hui ?

Selon une récente étude citée par Challenges, 70% des porteurs de cravate seraient des jeunes de moins de 30 ans. Au travail, elle est portée par 33% des banquiers, 13% des avocats, 11% des consultants et 7% des pilotes. A l’heure des start-up, alors que l’ambiance s’est faite moins formelle au bureau, le marché de la cravate ne semble pas connaître la crise. « Le public se diversifie de plus en plus (…) avec une population de jeunes en forte augmentation », nous assure une commerciale d’une célèbre marque parisienne de cravates.

« Une cravate bien nouée est le vrai premier pas dans la vie »
Oscar Wilde

Attention aux détails

Si le port d’une cravate constitue toujours une marque de respect vis à vis de ses interlocuteurs, Il est en revanche particulièrement sensible à la faute de goût. Parmi les erreurs classiques : le choix des rayures. A la fin du 19ème siècle, au Royaume-Uni, les hommes montraient leur appartenance à une communauté en portant la cravate (rayée) de leur club ou de leur école. Elle possède toujours outre-Manche une vraie valeur identitaire. Porter la cravate d’une institution dont vous n’avez jamais fait partie vous classerait immédiatement parmi les ploucs…

A déjeuner : gare aux taches !

Autre écueil de l’accessoire : depuis la cour du roi Louis XIV jusqu’à nos jours, la cravate se tache et s’entache à l’heure des repas. Le 17 janvier 2017, en meeting à Bordeaux, Benoit Hamon, futur candidat victorieux de la primaire à gauche confessait en souriant sous les projecteurs : « Ce midi, je crois bien que j’ai taché ma cravate (…) ! Or cela n’arrive pas à un homme providentiel (…) ».

Symétriquement ajustée au centre même du buste, la cravate s’allonge avec grâce et dignité, du cou jusqu’au bas de l’abdomen. Ce qui la place, hélas, aux avant-postes de l’assiette… De l’élégance à la tache bien voyante, il n’y a que quelques centimètres – et moins encore si vous avez un physique arrondi.

Comment éviter de se tacher ? A moins d’opter pour un modèle en toile cirée, on ferait bien avant tout d’éviter les plats en sauce (l’osso-buco jouit d’une réputation exécrable en la matière) et les glaces. En se tenant bien droit à table, on évitera les chutes accidentelles de nourriture sur sa cravate (mais pas sur sa serviette). Et si on la salit quand même, on l’apportera sans tarder au pressing pour éviter que la tache ne s’incruste.

Dernier conseil : il est nécessaire de posséder au moins une dizaine de cravates unies et de différentes matières, idéalement « satinées pour le soir, en twill et en grenadine pour la journée  » si l’on veut suivre les conseils du Parisian Gentleman. Et surtout, n’oubliez pas d’en soigner le nœud. « A well-tied tie is the first serious step in life » ( Une cravate bien nouée est le vrai premier pas dans la vie), écrivait le célèbre écrivain irlandais Oscar Wilde.

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