Le chèque cadeau, ou comment faire plaisir sans se tromper

Avec la fin d’année arrive le cortège des étrennes. C’est l’occasion de gratifier ses collaborateurs pour leur travail. Le chèque cadeau offre cette possibilité et comporte bien des avantages pour le salarié comme pour l’entreprise.

Le chèque cadeau représente un crédit d’achat pour le salarié (on l’appelle d’ailleurs aussi bon d’achat). Sous forme de chéquier rassemblant plusieurs chèques d’un montant prédéterminé, ou désormais d’une carte, utilisable auprès d’un certain nombre d’enseignes partenaires, le chèque cadeau est acheté par l’entreprise ou le CE (pour les entreprises de plus de 50 salariés) et distribué aux salariés.

Il s’agit d’un avantage en nature, véritable complément de rémunération, distribué à l’ensemble des salariés, sans critères d’ancienneté, de compétences ou d’âge. Le chèque cadeau est assimilable à une prime exonérée de charges sociales et non imposable. Selon l’A3C, l’association professionnelle des émetteurs de chèques et cartes cadeaux : « le chèque cadeau est utilisé environ à 60% pour la politique sociale de l’entreprise comme moyen de faire plaisir à ses collaborateurs, et pour les 40 % restants comme incentive pour des équipes commerciales ».

Un double avantage

Les chèques cadeaux et bon d’achats présentent le double avantage d’être exonérés de cotisations sociales, ce qui est profitable à l’entreprise, et d’être exonérés d’impôts sur le revenu, ce qui optimise la fiscalité de l’employé. « Je voyais les chèques cadeau d’abord comme un moyen de donner une prime de Noël sans charges » témoigne François Papon, dirigeant de la société Carrenet à Boulogne Billancourt. « Les gens sont contents. Le moment de la distribution a un vrai côté sympa, comme un dîner d’équipe, qui fait que les gens se sentent bien. Cela participe à l’ambiance générale positive de la société » ajoute-t-il. De fait, depuis de nombreuses années le chèque cadeau arrive en troisième position des cadeaux préférés des Français lors des fêtes de Noël, selon une étude annuelle menée par Deloitte. Un bon pari semble-t-il.

Des modalités bien établies

Certaines conditions doivent être réunies pour l’application de ces exonérations. D’abord, chèques cadeaux et bons d’achat doivent être distribués à l’occasion d’un événement par lequel est concerné le salarié (fêtes de fin d’année, naissance d’un enfant, rentrée scolaire, etc.[1]). Selon l’A3C, environ 70% des chèques cadeau sont utilisés pour les fêtes de fin d’année.

L’utilisation du bon d’achat ou du chèque cadeau doit également avoir un lien avec la nature de l’évènement pour lequel il est distribué. Un chèque cadeau pour la rentrée scolaire doit permettre d’acheter des fournitures scolaires, un bon d’achat offert à l’occasion d’une naissance devra quant à lui servir à acheter de la puériculture ou tout autre article en lien avec la naissance d’un enfant.

Enfin, le montant doit respecter le plafond maximum autorisé de 5 % du plafond mensuel de la sécurité sociale soit 156,45 € par enfant et par salarié pour 2014. Par exemple, Alain, père de Sidonie 8 ans et Gaspard 6 ans, pourra bénéficier d’un plafond de 156 € pour lui, plus deux fois 156 € pour ses enfants soit un total de 468 € en 2014. « Jusqu’à maintenant, nous distribuons les chèques cadeau une fois par an, début décembre, pour qu’ils puissent être utilisés dans les achats de fin d’année. Le montant est le même pour tous, et se situe au plafond » ajoute François Papon.

Un dynamiseur économique

Le chèque cadeau a fait la preuve de son efficacité. L’utiliser, c’est entrer dans un cercle vertueux : faire plaisir à ses collaborateurs, être exonéré de taxes… et injecter des liquidités dans l’économie. La valeur cumulée des titres cadeaux émis en France est d’environ 2 milliards d’euros par an, estime l’A3C ; ce système permettrait d’injecter 3,6 milliards d’euros supplémentaires dans les dépenses de consommation.

Ce qui n’est pas négligeable en période d’essoufflement de la demande. En effet, selon Deloitte : « Celui qui reçoit un chèque dépense bien plus que sa valeur dans les enseignes où il se rend. Aux Etats-Unis, un client qui dispose d’une carte cadeau ou d’un chèque cadeau présente un panier moyen supérieur de 40% au client lambda ». De fait, malgré un contexte économiques mitigé, le chèque cadeau connait une croissance régulière de 3 à 4% par an depuis de nombreuses années.

Pour toutes les entreprises

En France, le chèque-cadeau est acheté soit par des entreprises et leur Comité d’Entreprise, à 92%, soit par des particuliers (8%). Le principal levier de développement de ce marché mature se situe sur le créneau des PME et TPE qui estiment souvent, à tort ne pas être concernées par les conditions d’exonération. « Le gérant peut décider d’utiliser une partie du budget « œuvres sociales » en attribution de chèques cadeaux pour ses collaborateurs dans le même cadre d’exonération que les entreprises de plus de 50 salariés » précise l’A3C. Un moyen peu onéreux de faire plaisir, accessible à toutes les structures.

La distribution de titres-cadeau constitue pour les TPE-PME un levier efficace qui permet d’offrir à leurs salariés un complément de pouvoir d’achat. « Je choisis mon prestataire de chèques cadeaux selon deux critères : la liste des enseignes référencées, et le format physique, tickets ou cartes. L’avantage des tickets, c’est que le salarié peut les offrir à son tour à sa famille – c’est très apprécié » témoigne François Papon qui ajoute cependant : « Mais moi je préfère la carte, c’est plus pratique, notamment pour les achats en ligne ».
« Les chèques cadeau permettent de faire plaisir sans prendre le risque de se tromper. Mais c’est comme tout, ils tendent vite à être ressentis comme un acquis » résume François Papon. Alors il ne faut pas hésiter à les mettre en valeur lors d’un événement festif : « Je pense à mettre davantage de cérémonial dans leur distribution. Et aussi à les envelopper dans des pochettes cadeaux, pour mieux signifier ce qu’ils représentent ».

 

[1] Le mariage ou le PACS ; La naissance d’un enfant ; la fête des mères et la fête des pères ; Le départ à la retraite d’un salarié ; Les fêtes de Sainte Catherine et Saint Nicolas (dans des conditions précises) ; Le Noël des salariés et celui de leurs enfants de moins de 16 ans ; La rentrée scolaire pour les enfants des salariés (de moins de 26 ans).

Le livre blanc de l’A3C est disponible ici.

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