L’intrapreneuriat : mythes et réalités

L'intrapreneuriat

L’intrapreneuriat fait rêver beaucoup de monde. Des sociétés comme le Crédit Agricole, La Poste, Total, France Télécom, ont déjà sauté le pas, des ETI s’y sont mises aussi. Toutes ont profité de leur stratégie d’intrapreneuriat pour asseoir leur marque employeur, et caressent l’espoir de trouver un jour l’idée qui révolutionnera leur marché. Mais en pratique, il s’agit d’un travail de longue haleine, qui nécessite une révision en profondeur de son organisation.

L’intrapreneuriat plébiscité

2/3 des salariés français se sentiraient attirés par des entreprises qui proposent une démarche intrapreneuriale, et 74 % souhaitent tenter l’expérience d’ici 3 ans : tels sont les résultats de l’enquête « L’intrapreneuriat : effet de mode ou vague de fond » menée par le cabinet Deloitte (*). Parmi les enjeux :

  • Le développement professionnel (26 %),
  • Une volonté d’autonomie (24 %),
  • L’envie d’un challenge (20 %),
  • L’intérêt financier (11 %),
  • Un gage de reconnaissance et l’accès immédiat aux ressources nécessaires pour développer ses idées (11 %),
  • La recherche de responsabilités (8 %).

Si bon nombre d’entreprises se lancent dans l’aventure, c’est parce que la pratique de l’intrapreneuriat  présente des avantages certains : créativité, motivation, réactivité, fidélisation des collaborateurs…, en plus de représenter une véritable opportunité de faire la différence sur son marché ! 66 % des salariés interrogés déclarent que leurs projets développés dans le cadre d’un programme d’intrapreneuriat ont été adoptés par leur entreprise. Les exemples de réussites abondent.

Plus facile à dire qu’à faire

L’intrapreneuriat représente un réel challenge : « il exige de l’entreprise qu’elle ait réfléchi à revisiter ses méthodes de management, de gestion, de recrutement, de promotion, etc. », résume Alain Fayolle, professeur et directeur du centre de recherche en entrepreneuriat à EM LYON Business School. Faut-il y voir la raison pour laquelle 63 % des entreprises françaises ne proposent encore aucun programme intrapreneurial ? L’étude de Deloitte révèle que les principaux freins sont les risques financiers (25 %), le manque de temps (23%) et la peur de l’échec (15 %). Selon Claire Bussac, responsable marketing et innovation RH au Crédit Agricole : « Dans la réalité des RH, l’intrapreneuriat est encore lointain, et souvent perçu comme peu compatible avec l’organisation de l’entreprise. La question est de savoir à quel point il contribue réellement à ajouter de la valeur, face à la déstabilisation induite. Car l’intrapreneuriat met en cause la hiérarchie et l’organisation ».

L’intrapreneuriat ? Oui, mais avec précaution. Il ne s’agit pas de renverser les codes de l’entreprise du jour au lendemain, mais de construire son programme en avançant par étapes. Avec un jeune diplômé sur deux qui souhaite créer sa propre société, l’employeur a tout intérêt à se lancer dans l’aventure s’il veut conserver son pouvoir d’attraction sur ces précieux candidats…

Lire aussi : L’intrapreneuriat, pourquoi, comment

(*) Enquête menée par Deloitte, en partenariat avec Viadeo et Cadremploi, auprès de 3961 salariés français, baptisée « L’intrapreneuriat : effet de mode ou vague de fond ».

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