Glassdoorisation, la transparence jusqu’où ?

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Via Blablacar, Uber, AirBNB ou TripAdvisor, les consommateurs d’aujourd’hui ne jurent que par les notes et les avis. Avec Glassdoor, c’est au tour des entreprises d’être passées au crible…

Vous avez sûrement entendu parler de Glassdoor, ce site de recrutement et de recherche d’emploi où il est possible de publier et de consulter des avis sur les entreprises. Depuis sa création en 2007, la plate-forme connaît une forte croissance, et son hymne à la transparence s’étend jusqu’aux frontières de l’entreprise. A tel point que l’anglicisme « glassdoorisation » a fait son apparition dans le vocabulaire des DRH.

Un besoin exprimé

Le temps est révolu où la Direction était seule détentrice de la vérité : l’heure est à la transparence ! Sauf que, selon une enquête menée par LinkkyStudy (1), 66,7 % des DRH estiment que leurs collaborateurs ne sont pas au courant des actions menées au sein de leur entreprise, et qu’il est difficile pour 50 % d’entre eux d’accéder à ces informations. 95% des interrogés souhaitent pouvoir mesurer l’impact de leurs actions, et une grande majorité (75 %) aimerait recevoir les feedbacks des salariés en temps réel.

Du côté des collaborateurs, le désir de transparence est tout aussi prononcé. Une étude réalisée pour Glassdoor (2) en 2014 révèle que 28 % des salariés français regrettent de ne pas avoir posé suffisamment de questions lors de leur entretien d’embauche, et qu’ils sont 29 % à estimer ne pas avoir disposé d’informations suffisantes avant d’accepter leur poste.

La vague de transparence

Pour Sébastien Bourguignon, DRH chez Ubisoft, le phénomène de la glassdoorisation est né suite à cette nouvelle tendance qui consiste à donner des notes et des avis sur tout ce qui nous entoure : les restaurants, le covoiturage, le loueur de vélos… Selon lui, ce n’est pas une mauvaise chose d’un point de vue RH. Glassdoor constitue une belle opportunité pour les entreprises d’améliorer leur e-réputation, de se faire connaître, et d’attirer plus de candidats. « De cette façon, la RH créera davantage de confiance, donc de l’engagement », conclut-il.

Afin d’encourager la transparence dans le monde du travail, des labels tels que HappyAtWork ou HappyCandidates sont décernés aux entreprises qui obtiennent les meilleures notes de leurs salariés et de leurs candidats. HappyAtWork, par exemple, repose sur 6 piliers :

  • Le développement personnel (se sentir à la bonne place) ;
  • La stimulation apportée par l’environnement de travail (bienveillant et porteur) ;
  • Le management (être stimulé par des objectifs ambitieux et avoir les ressources pour les atteindre) ;
  • Le salaire et la reconnaissance (voir sa contribution reconnue à sa juste valeur) ;
  • La fierté (pouvoir adhérer pleinement aux valeurs de l’entreprise et à ses marques) ;
  • Le « fun » (prendre plaisir sur ce que l’on fait).

Parmi les entreprises récompensées : Bearingpoint et Hoolders, qui se sont vues attribuées récemment ces deux labels après avoir rempli les critères suivants :

  • > 50 % de participation,
  • > 60 % de recommandation,
  • Note /5 dans les 10 % des meilleures notes (à titre indicatif : 3,5/5 en 2016).

Un facteur d’évolution

Si la tendance consiste pour les entreprises à tirer profit de la transparence pour se montrer attractive, son antonyme existe également : le name and shame (« dénoncer et couvrir de honte »). Prisée par les Anglo-saxons et habituellement réservée aux criminels, cette pratique pourrait bien se répandre dans l’Hexagone… cette fois-ci vis à vis des entreprises. Avant son élection, Emmanuel Macron s’était par exemple exprimé sur son compte Twitter :

Tweet d'Emmanuel Macron

 

 

 

 

 

 

Alors qu’il était encore Ministre de l’Economie, le Président de la République avait ainsi pointé 5 entreprises sanctionnées pour non-respect des délais de paiement de leurs fournisseurs (Numericable, SFR, Airbus Helicopters, Paul Prébault, et Comasud).

La transparence constitue un levier intéressant pour améliorer sa réputation et attirer les talents. Mais les entreprises ont tout intérêt à jouer franc-jeu, au risque de se faire incriminer par leurs salariés ou concurrents. Après tout, l’entreprise parfaite n’existe pas. Mais connaître ses faiblesses, c’est le début de la force !

(1) Linkky, la start-up dédiée au sondage instantané et régulier des collaborateurs en entreprise, a lancé LinnkyStudy, des études RH régulières menées auprès de leur base de DRH.

(2) Étude réalisée par Harris Interactive pour Glassdoor en novembre 2014 auprès de 1 002 adultes interrogés en ligne en France

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