Self-management : redistribuer la responsabilité

Le self-management

Self-management, holacratie, entreprise libérée…, les concepts fleurissent pour décrire un mode de gouvernance où ce sont ceux qui font qui décident. Aujourd’hui : le self-management.

Réinventer l’entreprise tient à la fois du besoin et de l’envie. Le besoin, d’abord : celui qu’ont les entreprises de disposer d’une organisation réactive capable de s’adapter plus vite à un environnement économique, concurrentiel, technologique extrêmement mouvant. L‘envie, tout autant : celle des collaborateurs d’avoir un travail intéressant qui leur permette de s’accomplir, plutôt que de devoir entrer dans un moule hiérarchique sclérosé et de faire « ce qu’on leur demande ».

C’est la mission qui est le patron

Pour résumer un peu abruptement le principe du self-management, on retiendra qu’ici c‘est la mission qui est le patron ; chaque collaborateur est individuellement responsable de l’organisation de sa propre mission. Il a toute latitude sur les fonctions habituellement confiées au management : stratégie, planification, recrutement de l’équipe de mission, direction, coordination, contrôle et corrections de cap.

En conséquence, l’organisation de l’entreprise se construit spontanément. Et elle peut être remise en cause à tout moment au fil des missions.

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A la base : humanisme et réalisme

Qu’est-ce qui sous-tend une telle évolution de la conception du salariat ?

  • Les individus sont généralement plus heureux quand ils contrôlent leur vie (et leur travail),
  • Il est contre-productif d’éloigner l’autorité de décision de la personne qui va effectivement faire le travail,
  • Les individus s’épanouissent quand on leur donne des responsabilités,
  • Le modèle hiérarchique n’est pas facilement « scalable » – autrement dit il induit des rigidités néfastes.

Du point de vue de l’entreprise, les bénéfices attendus sont nombreux :

  • Une meilleure réactivité du fait d’une décision possible sur le terrain,
  • Une grande flexibilité organisationnelle,
  • Des économies de bureaucratie… et de management.

Aujourd’hui, de nombreuses entreprises ont mis en place certaines pratiques de self-management : groupes de travail autonomes, empowerment des employés, prise de décision participative, réduction du nombre de niveaux hiérarchiques, accès facilité aux informations, diminution de la charge de travail bureaucratique…

Mais cela ne suffit pas à passer à l’ère du self-management.

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Plus qu’une mode

 Le vrai self-management est davantage qu’une mode managériale ou qu’une suite de trucs et astuces. D’après ses théoriciens, c’est un changement de paradigme fondamental vis-à-vis des organisations humaines et de la conduite des affaires.

Car l’indépendance accrue de chaque individu entraîne la fin de la hiérarchie traditionnelle. Et pour finir… la fin du management !

Comme dans le cas de l’entreprise libérée, tout le monde ne souscrit pas à cette idée. Les questions de coordination, notamment, ne sont pas forcément très clairement traitées à date. Mais on doit s’attendre à ce que dans une période de forte remise en cause du travail et de l’emploi, des pistes comme le self-management, l’entreprise libérée et l’intrapreneuriat, connaissent un bel avenir.

Pour aller plus loin :

1 commentaire

  • Le manque de contrôle sur son travail est un facteur de stress. Adopter de telles méthodes, c’est aussi un bon moyen de diminuer ce stress.

    Le Management est en pleine Réflexion/Transformation/Mutation, c’est bon signe 🙂

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