Perspectives d’évolution : ce que veulent les femmes

L'ambition féminine

Avec seulement 14 % de femmes à la tête des entreprises en France, et de nombreuses études qui démontrent que les postes de directions sont occupés majoritairement par des hommes, on dirait bien qu’il reste du chemin à faire en direction d’une certaine parité. S’agit-il d’un manque d’ambition ou… d’autre chose ?

Hays, spécialiste en recrutement, a réalisé une enquête (1) sur l’ambition féminine pour tenter d’expliquer pourquoi les femmes gardent encore des perspectives d’évolution de carrière et des niveaux de rémunération moins importants que leurs homologues masculins. En effet, il n’y a encore que 14 % de femmes à la direction des entreprises de 10 à 5000 salariés (étude KPMG 2015), et ce chiffre ne progresse que très lentement (1,2 points en… 10 ans).

Aussi ambitieuses que les hommes

Il semblerait que les femmes soient aussi ambitieuses que les hommes, mais sans pour autant viser les mêmes fonctions. Alors que 5 % d’entre elles rêvent de devenir DG-PDG (contre 12 % des hommes), plus d’une collaboratrice sur trois (35 %) convoite un poste de manager (contre 22 % des hommes). Et à la question : « comment considérer une carrière comme réussie », elles sont plus de 30 % à répondre « occuper un poste de direction » – exactement comme leurs collègues masculins.

Une situation qui perdure

En 2017, seules 58 % des femmes (contre 63 % des hommes) estiment avoir l’occasion de s’autopromouvoir et de communiquer sur leurs ambitions. Un résultat qui révèle les difficultés rencontrées pour faire valoir ses réussites et ses projets de carrière. Le manque de femmes dans les postes de direction peut également constituer une source de découragement ; seules 37 % des salariées interrogées déclarent avoir une femme comme supérieur hiérarchique, et 87 % des participants (femmes et hommes) affirment que la plus haute fonction au sein de leur entreprise est occupée par un homme. Par ailleurs, les hommes ont tendance à minimiser les inégalités entre les sexes : si 41 % des femmes estiment avoir « beaucoup » de difficultés à obtenir le même salaire que leurs homologues masculins, les hommes ne sont que 17 % à penser que c’est le cas.

        Lire aussi : Sexisme au travail, une réalité qui a du mal à passer

Des préjugés qui ont la vie dure

Selon une enquête (2) menée par Randstad, les salariés français, hommes et femmes confondus, préfèrent être dirigés par un manager de sexe masculin (67 % pour les hommes, 61 % pour les femmes). Une observation qui témoigne de la persistance des stéréotypes associés aux postes à responsabilité : autorité, leadership, charisme… toutes qualités perçues comme étant le propre de l’homme. Pour autant, il semble que tout ne soit pas perdu pour le Deuxième Sexe. Selon le rapport du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEFH), la part des femmes dans les conseils d’administration des entreprises cotées s’élevait à 27,8 % en 2015, un résultat qui a triplé par rapport à 2009. Le mouvement est en marche, aux collaboratrices de se faire entendre et de développer leur girl power !

Des pistes à exploiter

Pour tenter de réduire les inégalités entre les femmes et les hommes, Hays propose dans son rapport 3 pistes à exploiter :

  • Pour près d’une femme sur cinq, la flexibilité du travail a permis d’accéder à des postes à responsabilité, et d’atteindre ses objectifs tout en disposant de temps à consacrer à sa vie familiale ;
  • Pour 7 femmes sur 10, la durée du congé paternité devrait être égale à celle du congé maternité, ou tout au moins rallongée, pour permettre de rééquilibrer les charges entre les deux parents et de limiter l’impact d’une naissance sur leur carrière ;
  • Près d’une personne sur deux (55 % de femmes et 41 % d’hommes) déclarent travailler dans une entreprise qui n’a pas mis en place de programme pour soutenir la diversité.

(1) Les données ont été recueillies entre mars et avril 2017 auprès de 1000 personnes en France (64 % de femmes, 35 % d’hommes, 1 % n’ayant pas précisé leur sexe).

(2) Enquête menée par le groupe Randstad du 20 juillet au 4 août 2016 auprès d’un panel de 1000 salariés âgés de 18 à 65 ans, travaillant au moins 24 heures par semaine.

Laisser un commentaire