Les vrais atouts du lean management

Lean management

À force d’être assaisonné à toutes les sauces, le lean management finit par perdre de sa saveur. Bien utilisée en plaçant le client et le collaborateur au cœur des priorités, cette méthode qui vise à améliorer la performance se révèle pourtant efficace. Elle répond même aux grands enjeux de la digitalisation de l’économie.

C’est une méthode vieille comme… Toyota. Le lean management a été introduit par le constructeur japonais dans le années 70. Son objectif ? Améliorer la performance de l’entreprise en utilisant une palette d’outils et de méthodes déjà existants pour chasser le moindre gaspillage : juste-à-temps, Kanban (production à flux tiré), roue de Deming (planifier, réaliser, vérifier, corriger), etc. Depuis, la méthode a été largement utilisée, promue par les plus grands cabinets de conseil, avec des perspectives alléchantes d’augmentation de la productivité pouvant atteindre les 30 %.

Une démarche de long terme

Des perspectives d’autant plus séduisantes en période de crise, si bien que certains managers ont pu croire que la méthode pouvait servir à dégraisser les effectifs et chasser les coûts de main d’œuvre. Avec des résultats souvent contreproductifs : montée des troubles psychosociaux, de troubles musculo-squelettiques, de l’absentéisme, burn out… C’était oublier que le lean management se pense sur le long terme et non dans l’urgence d’une recherche de rentabilité immédiate. La méthode suppose même d’être capable de sacrifier du profit à court terme.

La nécessité d’une organisation stable

Le lean place le client et le salarié au cœur de l’entreprise. « Chez Toyota, la stabilité de l’organisation constitue une condition sine qua non pour appliquer la méthode, rappelle Anne Vinagre, Présidente de Chek’n do, un cabinet spécialisé dans l’excellence opérationnelle. Éliminer le gaspillage peut se traduire par une suppression des tâches inutiles ou à faible valeur ajoutée. Le manager doit alors se demander quelle mission plus intéressante il peut confier au collaborateur. » Par exemple, l’automatisation de la saisie des commandes permet de confier des tâches plus enrichissantes telles que l’analyse ou la sécurisation des approvisionnements. Ce qui, au passage, améliore l’employabilité du salarié concerné.

Loin d’être une “fabrique à plan social”, le lean management constitue un moyen de repérer des leaders, de faire monter en compétences non seulement ses salariés mais également ses fournisseurs. Du reste, la méthode se met en œuvre avec l’ensemble du personnel, dont l’adhésion et la confiance dans l’objectif poursuivi constituent une condition essentielle de la réussite d’une démarche de lean.

Lutter contre le gaspillage

« Lorsque le lean est perçu comme un vrai projet d’entreprise, je n’ai jamais observé de frein au changement, insiste Anne Vinagre. Il permet alors d’améliorer la performance de la société. En particulier dans l’industrie où chasser le gaspillage est essentiel pour rester compétitif avec une main d’œuvre plus chère que dans d’autres pays. »

Encore faut-il s’attaquer aux vrais gisements de gaspillage. Le lean management est souvent appliqué en priorité à la fabrication pour gagner en productivité, alors que c’est souvent dans l’atelier que les gaspillages sont les moins importants. « À quoi sert de gagner deux minutes de temps opératoire sur une ligne, s’il faut 15 jours pour établir un bon de commande ou si la gestion des stocks n’est pas bonne, s’interroge Anne Vinagre. En général, l’essentiel du gaspillage se trouve dans la gestion des stocks et les ruptures de flux. »

Une méthode qui facilite la digitalisation de l’entreprise

C’est d’autant plus vrai à l’heure de la digitalisation de l’économie fondée en grande partie sur la fluidité des process, la connexion de la chaîne de valeur du fournisseur au client final, et la simplicité d’usage. Le lean management facilite la digitalisation de l’entreprise en diverses façons :

  • Identifier les tâches à faible valeur ajoutée (aujourd’hui plus simples à automatiser grâce au numérique) ;
  • S’attaquer aux organisations hiérarchiques redondantes ;
  • Promouvoir un management agile qui donne davantage de place à l’autonomie et à la responsabilité des collaborateurs ;
  • Etablir la connexion avec le fournisseur et le client.

Dans ces conditions, faut-il s’étonner que les Google, Amazon ou autre Apple utilisent tous cette méthode ?

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