Le corporate hacker, rebelle bienveillant de l’entreprise

Corporate hacker

Le corporate hacker est un collaborateur qui adopte la démarche du hacker informatique pour l’appliquer aux process de l’entreprise. Il s’infiltre dans un système pour en révéler les failles et y trouver une solution qui le rendra plus robuste et plus durable.

 Le corporate hacker type est un peu un électron libre, avec une vision des mutations nécessaires, et décidé à participer à leur mise en œuvre. Il aime imaginer de nouvelles manières de fonctionner. Désobéir pour porter la transformation ne lui fait pas peur ! Il n’est pas pour autant un pirate : sa démarche est fondamentalement bienveillante. En s’inspirant de la culture geek, le corporate hacker veut transformer l’organisation de l’intérieur. C’est un idéaliste qui agit, porté par un idéal du bien commun.

Même pas peur

Comme ses équivalents informatiques, le corporate hacker aime la bidouille. Il n’hésite pas à tâtonner, car il n’a pas peur de l’échec et considère, au contraire, que se tromper fait partie du processus d’amélioration. Il teste, par exemple en mettant en lien des personnes, des compétences ou des idées, qui n’ont pas nécessairement vocation à se côtoyer. L’erreur, le bug, fait partie de la démarche, et lui permet de rebondir.

Un électron libre

Esprit libre, il s’affranchit volontiers des règles et des rapports hiérarchiques. La désobéissance est pour lui un levier de transformation, sans qu’il se le formalise nécessairement. Il n’hésite pas à court-circuiter ses supérieurs pour aller plus vite, pour essayer, même si cela signifie s’exposer et échouer. Son ennemi principal : l’immobilisme, et son corollaire la réticence au changement.

Comment gérer un corporate hacker ?

Le corporate hacker est un profil rare qu’il faut savoir valoriser et intégrer. L’enjeu est de mettre à profit ses talents et son énergie pour servir l’ensemble de l’organisation. La question est de lui faire comprendre, mais aussi – surtout ? – de faire comprendre à ses collègues que son comportement, voire sa désobéissance, sont acceptables comme des expressions de ses qualités ! Isolé, un corporate hacker risque l’essoufflement et la désillusion. Identifié et présenté comme tel, on pourra valoriser ses idées et lui donner les moyens de tenter et de proposer des améliorations.

Détecter un corporate hacker

Pour un responsable RH, la détection du corporate hacker commence par le repérage de ceux qui ont du mal à s’adapter aux règles de management, ou qui les contournent régulièrement, qui pourtant font preuve de loyauté et obtiennent des résultats – même si c’est hors règles. Un salarié investi mais un peu rebelle est potentiellement un corporate hacker.

Par exemple : le corporate hacker n’hésite pas à faire appel à des personnes extérieures à l’entreprise, à s’entourer de sponsors sans lien hiérarchique qui seront les promoteurs de ses initiatives. Il s’invite à des réunions simplement parce que ça l’intéresse… Il brille souvent aux hackathons !

A en croire l’association les Haktivateurs, « les entreprises qui mettront en avant des comportements d’agitateurs bienveillants sont probablement celles dont les leaders auront compris l’importance de l’adaptation continue, au prix même d’une certaine instabilité. » A bon entendeur…

Pour en savoir plus :

En France, deux associations s’adressent aux Corporate Hackers et aux entreprises, ce sont :

  • Les Hackativateurs: Association de « makers » visant à faire découvrir, promouvoir et encourager l’intrapreneuriat et le corporate hacking par le partage d’expériences, la mise en réseau, l’action et l’intelligence collective.
  • Corporate Hackers : mouvement ouvert et international qui vise à rassembler, connecter, valoriseret aider ceux qui veulent changer leur organisation de l’intérieur. Le mouvement des corporate hackers a été initié en 2016 par  Il est actif dans plusieurs villes et pays.

Lecture : Makestorming, le guide du corporate hacking, par Marie-Noéline Viguié et  Stéphanie Bacquere, publié chez Eyrolles.

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