Un hobby pour la vie… au travail

We Hobby

Pour Lucas Patricot, co-fondateur de Wehobby, partager ses hobbies et ses passions favorise l’engagement des salariés et a un impact certain sur la performance de l’entreprise. Rencontre.

Comment mieux communiquer au sein de son entreprise ? Comment mieux collaborer ? Comment allier bien-être et performance ? Autant de questions que les managers d’aujourd’hui se posent régulièrement. Partager les hobbies peut-il faire partie de la solution ? Le point de vue de Lucas Patricot.

Qu’est-ce que Wehobby ?

Lucas Patricot

Lucas Patricot

Wehobby est la première plateforme de services de bien-être destinés aux salariés. J’ai fondé Wehobby avec mon ami Charlélie Valler (ESDES et EM Lyon), pionnier du recrutement digital. J’évoluais pour ma part dans le milieu des fonds d’investissement comme consultant en stratégie.

Nous avons constaté que la QVT représentait un enjeu énorme pour les RH en termes de marque employeur et de capacité à attirer les talents, mais aussi qu’elle était peu accompagnée, et qu’elle manquait d’outils pour déployer sa stratégie. Nous avons alors décidé de lancer Wehobby.

Pourquoi pratiquer son hobby au travail, plutôt qu’avec ses amis, sa famille ou même seul ?

Actuellement, le monde du travail et la sphère privée sont déjà extrêmement liés. Métro-boulot-dodo, c’est fini. Nous sommes à l’heure du blurring. Les salariés d’aujourd’hui sont hyperconnectés, et à ce titre intervertissent déjà les horaires : travail chez soi le soir, détente avec les collègues.

Pourquoi une application ? C’est la fin de la machine à café ?

Le partage de hobbies et des passions est déjà une réalité au sein des entreprises. Seulement, aujourd’hui c’est compliqué : il faut envoyer des emails, relancer les collègues, obtenir les autorisations en interne, organiser l’événement, etc.

D’où l’intérêt d’un outil qui simplifie la mise en place. Les salariés s’inscrivent sur la plateforme et en 2 clics ils ont accès aux activités correspondant à leur profil et à leurs objectifs, et qu’ils souhaitent partager avec leurs collègues.

L’application est résolument pratique. Elle s’inscrit dans le mouvement de l’innovation ouverte propre au monde de l’entreprise actuel. Disons que Wehobby est la machine à café moderne, qui va décloisonner, et aussi entraîner des effets plus durables.

Quels sont les hobbies les plus partagés en France aujourd’hui ?

Toutes les activités autour du bien-être ont beaucoup de succès : yoga, sophrologie, méditation… Les activités sportives sont également très prisées. Dans le domaine culturel, le théâtre arrive en tête.

Et les hobbies les plus originaux ? Sont-ils acceptés par l’entreprise ?

Même si tous les hobbies sont les bienvenus, nous exerçons un filtre afin d’assurer la qualité des services et des intervenants.

Parmi les idées originales et dont le succès nous a surpris, je citerai le cours de tricot, proposé par une responsable RH, et qui a réuni 12 personnes, des jeunes femmes employées ou cadres, cassant ainsi le cliché d’une activité désuète.

Les cours de danse (tango argentin et salsa par exemple) et les cours d’œnologie ont actuellement eux-aussi le vent en poupe. Mais aussi les cours de dessin au fusain, les ateliers de street art…. la panoplie des passions est infinie !

Qui sont vos interlocuteurs ? Les RH ?  Les salariés ? Quel est le rôle du manager ?

Tous les acteurs interviennent dans le choix des activités permettant aux salariés de partager leurs passions.

Notre positionnement est d’accompagner les RH dans la mise en place d’une stratégie de marque employeur, et nous fournissons également des formations professionnelles et en développement personnel. Dans ces domaines le décideur ou prescripteur sont plutôt les RH, dans l’optique de permettre aux salariés de développer les soft skills recherchés par l’entreprise. Le financement, tant des activités que des formations, est généralement supporté par l’entreprise.

Nous constatons l’implication des managers à tous les niveaux du processus : partage de passions à titre personnel, et portage de la vision de l’entreprise.

Qui sont vos clients ? Touchez-vous tous les secteurs et tailles d’entreprises ?

Nos clients sont des entreprises soucieuses de QVT qui favorisent le partage des passions car elles ont compris que c’est un outil puissant de cohésion sociale.

Notre offre s’adresse à toutes les sociétés de plus de 100 employés. C’est en effet à partir de 100 personnes que les salariés ont le plus de difficultés à connaître les collègues qui ne travaillent pas directement avec eux. D’où l’importance de créer des occasions de rencontres et de partage.

Les salariés adhèrent-ils tous à l’idée de vivre leur hobby au travail ?

Chez nos clients, la participation aux activités concerne au minimum 50 % des salariés. Nous n’avons connu aucun échec. Au contraire, nous sentons que dès la première activité, une dynamique se crée, parfois suivie par la création de clubs d’utilisateurs.

À mon sens, le fait de pouvoir partager sa passion au travail peut même être vu comme un nouvel acquis social !

Comment voyez-vous évoluer les aspirations des salariés ?

Je pense que le modèle de travail caractérisé par l’innovation ouverte va se développer et constituera le modèle de travail de demain. Les gens aspirent à la liberté, la cohésion et le partage. Ils veulent apporter du sens à ce qu’ils font au travail.

Les entreprises doivent définir leur stratégie de QVT à la lumière de ces changements, si elles veulent attirer et garder les talents. Nous sommes convaincus que le bien-être au travail est la priorité des entreprises qui veulent réussir. Wehobby leur propose du concret.

Propos recueillis par Carmo Gomes

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