L’intelligence émotionnelle : adage ou mirage ?

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Développée, elle deviendrait l’une des clés essentielles du bien-être et de la réussite professionnelle. Elle serait même une nécessité absolue pour incarner le manager parfait. Gros plan sur celle qui défie le QI : l’intelligence émotionnelle.

Identifier et gérer ses émotions

« Le cerveau seul ne fait pas l’esprit humain», assure le neuropsychologue Antonio Damasio. Dès les années 90, ce scientifique est l’un des pionniers à théoriser le processus des émotions. Dans ses ouvrages ( L’Erreur de Descartes : la raison des émotions, L’ordre étrange des choses : la vie, les émotions et la fabrique de la culture) , il démontre – entre autre – les nombreuses interactions entre le cœur et la raison. Comment utilisons-nous nos émotions pour devenir ce que l’on est ? s’interroge-t-il.

D’après lui, notre capacité à définir et à gérer nos émotions guide nos prises de décisions dans la vie personnelle comme professionnelle. Comme preuves tangibles, les études cliniques et épidémiologiques qui montrent que l’alexithymie  – le fait de ne pas parvenir à définir ses sentiments – est associée à de « moins bonnes relations sociales et à une plus forte mortalité », rapporte la revue Cerveau & Psycho.

Aujourd’hui, l’intelligence émotionnelle n’est plus seulement ce que l’on appelait une « compétence douce » ou une faculté à manager avec plus d’empathie. Améliorer sa capacité à identifier, exprimer et réguler ses propres sentiments, telle est la définition que l’on peut retenir de l’intelligence émotionnelle.

PodcastLes neurosciences émotionnelles d’Antonio Damasio sur France Culture. 

Un gage de productivité

D’après le psychologue américain Daniel Goleman (« L’intelligence émotionnelle », J’ai Lu Bien Être, 2003), la réussite professionnelle dépendrait du “savoir-faire émotionnel de chacun” plutôt que du quotient intellectuel ou des diplômes. La créativité, l’engagement personnel, les valeurs, ou encore ses motivations à réussir, à s’investir pour l’entreprises font aujourd’hui la différence sur le marché du travail.

Conséquence directe d’une intelligence émotionnelle élevée ? La motivation des équipes et donc l’augmentation de la productivité (la productivité des salariés qui se disent heureux au travail est de 12% supérieure à celle des autres d’après l’Université de Warwick). Grâce à la gestion de ses émotions le manager au QE élevé dispose de qualités précises : l’ouverture d’esprit, l’esprit positif, des facilités de communication, ou encore une capacité à fixer des limites et à dire non.

Futur proche : des managers essentiellement… féminins ?

A l’heure où la parité aux postes de direction fait encore débat en France et en Europe (jeudi 12 janvier 2017, 77 journalistes femmes ont collectivement envoyé leur candidature pour devenir rédactrice en chef du quotidien Le Parisien; dans le même temps, une nouvelle loi sur la transparence des salaires homme/femme a été votée en Allemagne), l’IE chez les femmes serait plus développée.C’est du moins ce qu’assurent des études menées par des chercheurs de l’université Yale aux Etats-Unis.

Alors qu’on prédit que 47% des emplois américains seraient vulnérables aux effets de la robotisation, Damasio lui, déclare que l’intelligence émotionnelle – ou la conscience – ne pourra jamais être remplacée. Elle deviendrait même l’un des seuls remparts entre l’être humain… et les intelligences artificielles. « La capacité d’écouter, de collaborer, d’éprouver de l’empathie et de s’auto-réguler font partie des outils dont dispose une personne émotionnellement intelligente », résume de son côté Quartz.

N’en déplaise à Steinbeck : des robots et des femmes, le dessin d’un futur proche pour la planète terre ?

*Brackett MA, Mayer JD (2003) Convergent, discriminant, and incremental validity of competing measures of emotional intelligence. Pers Soc Psychol Bull 29: 1147–1158.

 

 

 

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