Sortir avec un collaborateur, un pari risqué

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Les relations amoureuses au bureau, ça existe : près d’un tiers des couples se sont rencontrés sur leur lieu de travail ! Pourtant, quand on est manager, sortir avec un collaborateur n’est pas si anodin… et peut s’avérer complexe à gérer.

Hannah Arendt et Martin Heidegger, Auguste Rodin et Camille Claudel… L’histoire ne manque pas de couples célèbres liés dans un rapport de maître à élève. Des amours transgressifs en raison de l’ascendance de l’un sur l’autre : âge, niveau d’expérience, milieu social… Autant de différences qui complexifient les rapports de forces. Loin du monde des arts et des lettres, l’entreprise est elle aussi un terrain propice à la rencontre. Et lorsqu’un manager sort avec un collaborateur, la relation, professionnelle et personnelle, est elle aussi mise en péril.

La discrétion comme maître mot ?

Si le management transversal se normalise, un cadre demeure un supérieur hiérarchique. Son ascendance du manager sur son collaborateur est établie, et le rapport de force peut s’avérer complexe lorsqu’une relation plus personnelle se crée.

Le risque d’y perdre en professionnalisme, et notamment en objectivité, est relativement grand. Pour Guillaume Durnerin, associé de Kraven Partners, un cabinet de conseil en Ressources Humaines, les managers amoureux doivent avant tout jouer la carte de la discrétion :

« Cela me semble très compliqué pour le manager de ne pas faire de préférence et de rester indifférent, notamment au moment des évaluations annuelles (…) L’aspect personnel rentre nécessairement en jeu », estime ce professionnel, qui ajoute : « Il est plus ou moins facile de rester discret (…) cela dépend notamment de la taille de l’entreprise. Mais cela demeure assez important ».

Ce favoritisme réel ou supposé entraîne un sentiment d’inégalité dans les équipes, et la relation intime peut ainsi devenir un sujet de discorde entre collaborateurs.

Gérer l’après

« Nous ne sommes jamais aussi mal protégés contre la souffrance que lorsque nous aimons », écrivait Sigmund Freud. Pour le manager qui aurait brisé un cœur, la peine est double : il endure non seulement le choc émotionnel d’une séparation mais doit aussi penser à ne faire courir aucun risque de causes à effets à son entreprise.

« A mon sens, les relations intimes entre managers et collaborateurs sont difficiles à gérer pour les deux parties, notamment en cas de rupture », rappelle notamment Guillaume Durnerin. D’autant qu’il n’y aura pas moyen de ne plus se voir après l’histoire terminée. Si l’un ou l’autre des protagonistes a du mal à tourner la page, l’entreprise risque fort de le voir bientôt la quitter…

Si, comme l’écrivait Blaise Pascal, le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point, on comprend qu’il ne serait pas plus mal de réfléchir… avant d’agir.

La loi et l’amour au travail

En matière de relations personnelles entre salariés, la loi est clairement du côté salarié en France. L’employeur ne pourra sanctionner les personnes en couple que si cette relation engendre un trouble caractérisé au sein de l’entreprise, compte tenu de leurs fonctions et de leur finalité (Cass. Soc. 20 novembre 1991, n°89-44605).

Ce trouble peut par exemple être caractérisé en cas de scènes « de ménage » régulières, devant les clients ou d’autres tierces parties : « Nous avons vécu nombre de situations où les deux salariés concernés se disputaient sur le lieu de travail ; l’homme finissait souvent par céder pour ne pas se faire taper sur les doigts par sa compagne en rentrant le soir” témoigne par exemple Jane manager d’une équipe de 15 éducateurs dans une crèche privée suisse, qui emploie 50 salariés.

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