L’égalité au travail a encore du chemin à faire

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Depuis vingt ans, les inégalités entre les hommes et les femmes au travail ont diminué : pour exemple, elles accèdent désormais à part égale à des postes de cadres à la fin de leurs études. Pour autant, des écarts subsistent, en particulier entre les salaires : le revenu salarial des femmes reste en moyenne 23,8 % inférieur à celui des hommes, tous postes confondus. Autant dire que des progrès restent à faire…

Quelques jours avant la journée internationale des droits des femmes, qui a lieu chaque année le 8 mars, France Télévisions, l’Insee et l’agence Wedodata, proposent un outil interactif, le Pariteur, qui permet de prendre conscience des inégalités salariales entre les hommes et les femmes. « Grâce au Pariteur, changez le sexe de votre fiche de paye et prenez conscience des inégalités salariales entre les hommes et les femmes », explique le média.  Utilisez le Pariteur 2018 et faites le test avec votre salaire.

Selon une étude de l’INSEE, Femmes et hommes, l’égalité en question, parue en 2017, les filles réussissent mieux que les garçons à l’école. Elles poursuivent  en outre leurs études dans l’enseignement supérieur plus souvent que leurs congénères. Mais les orientations dans les filières sont différentes selon le sexe, avec des filles moins présentes dans les formations scientifiques ou sélectives. Et si les femmes sont aujourd’hui globalement plus diplômées que les hommes, elles restent moins bien rémunérées que leurs homologues masculins.

Des femmes plus souvent en temps partiel

L’étude tente d’expliquer les inégalités qui persistent par divers facteurs. Tout d’abord, les divorces et/ou ruptures d’union sont en augmentation. Or les femmes mettent plus de temps à retrouver une vie de couple après une séparation, notamment lorsqu’elles ont des enfants. En pratique, elles représentent 84 % des parents à la tête d’une famille monoparentale. Cet état de fait a des répercussions sur leur parcours professionnel. Si la proportion de femmes cadres a progressé, passant de 31% à 42% en vingt ans, les interruptions d’activité liées aux enfants demeurent ainsi bien plus fréquentes chez les femmes. Par ailleurs, les femmes actives travaillent quatre fois plus souvent à temps partiel que les hommes.

Moins d’un tiers des cadres de direction sont des femmes

L’INSEE relève par ailleurs qu’en 2013, trois ans après la fin de leurs études, 20% des jeunes femmes et 20% des jeunes hommes occupaient un emploi de cadre. Une harmonie dans les chiffres qui ne doit pas faire oublier qu’à caractéristiques et diplômes identiques, les femmes continuent à avoir moins de chances d’accéder aux fonctions de cadre et, lorsqu’elles y parviennent, à des fonctions d’encadrement. À noter également : les progrès dans l’accès des femmes au statut de cadre concernent surtout les secteurs de l’enseignement et de la santé.

Un constat partagé par l’OCDE, qui estime pour sa part dans son rapport 2017, Atteindre l’égalité femmes-hommes, que l’écart entre ces derniers ne se réduit plus depuis les années 2000, et ce notamment en raison du « plafond de verre auquel font souvent face les femmes au cours de leur carrière ; les femmes représentent ainsi moins d’un tiers des cadres de direction ».

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60 jours de travail supplémentaires pour atteindre le salaire des hommes

Dans la société civile, des initiatives se multiplient pour dénoncer ces inégalités. C’est le cas du collectif féministe Les Glorieuses, qui invite depuis deux ans les femmes à cesser de travailler en novembre.  Car, estiment-elles, c’est le mois à compter duquel elles travaillent bénévolement jusqu’à la fin de l’année, compte tenu des écarts de salaires. Dans le même esprit, l’ONG internationale Business & Professional Women (BPW) organise depuis 2009 l’Equal Pay Day, journée qui vise à dénoncer l’inégalité salariale entre les femmes et les hommes. Prenant appui sur les données 2017 de l’INSEE, l’organisation considère qu’il faut 60 jours de travail supplémentaires pour qu’une femme atteigne la rémunération moyenne des hommes en France. D’après ce calcul, les Françaises doivent finir leur année « salariale » 2017 le 26 mars 2018, date de l’Equal Pay Day.

L’égalité entre les femmes et les hommes a été déclarée cause nationale du quinquennat. Un mouvement à suivre !

Pour aller plus loin : https://www.inegalites.fr/Femmes-et-hommes

VIDEO. « Pourquoi les femmes sont-elles moins bien payées que les hommes ? On explique aux enfants (et aux adultes) », par France Info.

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