Grève SNCF ?  Se mobiliser pour rester mobile  

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Face à la grève perlée annoncée par les syndicats de la SNCF, 4,5 millions de Français, usagers quotidiens du train, vont devoir s’adapter. Comment anticiper les retards et les absences ? Faut-il penser à d’autres formes d’organisation ? Conseils et éléments de réponse.  

Face au projet de réforme de la SNCF, les syndicats ont mis en place une « grève tournante »  de deux mois consistant en des arrêts de travail deux jours par semaine, à compter du mardi 3 avril 2018. Un calendrier en forme de grille de loto… qui pourrait avoir de lourdes conséquences pour les usagers et leurs employeurs. 

Gare aux répercussions

Certains collaborateurs pourraient bien se présenter en retard, être contraints d’annuler des réunions, ou devoir poser des journées de congé (enfants à garder, impossibilité de se déplacer, etc.). Des difficultés qui risquent d’avoir des répercussions d’autant plus importantes que le management actuel apparaît de plus en plus collaboratif. L’avis de chacun est davantage attendu et nécessaire dans les processus de décision. Par exemple, des méthodes de travail Agile dédiées à la gestion de projets, SCRUM par exemple, pourraient se voir rapidement mises en difficulté alors qu’elles sont censées renforcer la productivité d’une équipe.  

Autre difficulté : les grèves installées ont tendance à épuiser les collaborateurs tant sur le plan physique que psychologique. À quelle heure vais-je pouvoir quitter mon travail ? Et si le train de 16h10 était finalement annulé, lui aussi ? Nous sommes à coup sûr déconcentrés tout au long de la journée. L’équilibre quotidien vacille, et il devient plus difficile de conjuguer vie privée et vie professionnelle. Et même nous ne sommes pas tous des utilisateurs quotidiens de la SNCF, nous risquons de subir des dommages collatéraux comme, par exemple, le manque de personnel dans les écoles, la fermeture anticipée de la garderie…  

Le manager doit alors agir en amont pour cadrer la situation, anticiper les éventuels dérapages et protéger, à son échelle, l’ensemble de l’entreprise. En 2016, l’impact financier des grèves liées à la loi Travail a été estimé à une perte de plusieurs centaines de millions d’euros, d’après Les Echos.  

Commencez par faire le point : combien de vos collaborateurs sont dépendants du trafic ferroviaire ? Qui parmi eux risque de connaitre le plus de difficultés ? Quelles sont les compétences qui vont vous manquer ?  

Isolez le phénomène. Ne laissez pas la grève s’immiscer dans tous les sujets de conversation ou dans les fils de discussions. Ces perturbations ne doivent pas polluer la bonne marche de l’entreprise. Par exemple, si vous utilisez un réseau social d’entreprise, organisez une chaîne de discussion spécifique. 

Des solutions à faire connaître

Être dépendant d’un réseau ferroviaire est une chose. Adopter un autre mode de transport en est une autre. Tout le monde n’est pas forcément à la page, et le manager gagnera à diffuser les nouvelles pratiques : 

  • Le covoiturage. De nombreuses applications existent pour faciliter les correspondances entre personnes ayant des itinéraires domicile-travail similaires : KlaxitBlablalinesWeepile, Karos, Covoitnet, etc.   
  • Des applications et des sites de covoiturage permettent de limiter la recherche aux collègues de son entreprise. Citons Covoiturage pro, Roulez Malin!, Weepileentre autres. 
  • Pour ceux de vos collaborateurs dont le domicile n’est pas trop éloigné, proposez de faire le trajet en vélo. Avec ou sans assistance électrique, le vélo est lui aussi éligible à un remboursement de frais kilométriques. Rappelez-le à vos collaborateurs ! Mais pensez aussi à identifier des emplacements pour attacher les bicyclettes…
  • La navette d’entreprise ou transport collectif avec chauffeur peut aussi être mis en place pour les jours de grève – à condition que leur calendrier de ces dernières soit respecté. Tournez-vous alors vers une application telle que Plus (par LeCab) ou encore les sociétés de location de véhicules qui proposent généralement ce service. 

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Valoriser et organiser le télétravail

Pour ceux qui le peuvent, le télétravail apparaît comme la solution idéale pour ne pas subir la grève des transports, même s’il adresse essentiellement le secteur tertiaire. Pour maximiser la productivité dans ces conditions, quelques conseils :

  • Assurez-vous que chacun dispose du matériel nécessaire pour travailler à distance : ordinateur, souris, micro, casque, etc. Plus les outils seront adéquats, plus la création d’un nouvel environnement de travail à domicile sera facilitée.
  • Uniformisez les outils de communication en ligne de vos collaborateurs pour éviter la multiplication anarchique des solutions. Choisissez donc, si ce n’est déjà fait, votre outil pour organiser des réunions à distance (GoToMeeting, WebEX, Skype…) ; votre application de discussion instantanée (WhatsApp, Telegram, Viber…) ; votre mode de partage de documents (DropBoxGoogleDrive, WeTransfer, etc.).  
  • Pensez réseau social d’entreprise ou plateforme collaborative, comme Slack, WorkGroupHipchat, etc.
  • Adaptez votre mode de management à la situation. Manager des collaborateurs à distance nécessite davantage de flexibilité, mais aussi de confiance.  

Lire aussi : Télétravailler équilibré  

  • Veillez à formaliser la démarche. Le télétravail peut constituer une modification du contrat de travail des salariés concernés. « Il est en conséquence recommandé que soit recueilli préalablement et par écrit l’accord du salarié concerné pour chaque situation exceptionnelle de travail à domicile et ce par tout moyen (…) », conseille notamment Emilie Meridjen, avocate en droit social.

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Rebondissez

Nécessité fait loi : ce mouvement social peut constituer l’occasion de tester d’autres modes d’organisation du travail, et notamment le télétravail qui attire de plus en plus les salariés – d’après une étude de l’IFOP publiée fin 2017, il symboliserait même une véritable évolution des méthodes de management. Même les plus réticents – employeurs comme employés – peuvent trouver dans la grève l’occasion de faire évoluer leur point de vue.

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