Jacques Cartier et l’aventure à l’international

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Navigateur breton, Jacques Cartier s’est laissé guider par sa passion de la découverte et de la cartographie. Son sens de l’initiative, son courage et sa détermination lui firent découvrir l’un des plus grands fleuves du monde, le Saint-Laurent, et asseoir ainsi la puissance française à l’international. Cap sur le parcours d’un homme du XVIe siècle guidé par son instinct et qui doit son succès à sa soif d’inconnu. 

La découverte du Saint-Laurent par Jacques Cartier en 1535 ouvre le cœur d’un continent quinze fois plus vaste que la France. Les potentialités révélées sont formidables pour un vieux royaume alors incapable de se lancer dans l’aventure intercontinentale.

Jacques Cartier, l’homme providentiel

Dans les voyages d’exploration du Nouveau Monde (l’Amérique et l’Océanie), l’Espagne (ou plutôt la Castille) et le Portugal se partagent la découverte des territoires. Alors que la France demeure en retrait, François Ier s’insurge dès son arrivée au pouvoir en 1515 : « … le soleil luit pour moi comme pour les autres. Je voudrais bien voir la clause du testament d’Adam qui m’exclut du partage du monde ».

Le programme de reconquête est donc lancé, mais encore a-t-il besoin de trouver l’homme providentiel, capable de briser le monopole. C’est alors que Jacques Cartier entre en scène. Né à Saint-Malo à la fin de l’année 1491, certainement fils de pêcheur morutier, il fait son apprentissage sur le terrain, mousse, matelot puis capitaine dans quelques expéditions internationales, au Brésil ou à Terre-Neuve.

Rêvant d’ailleurs et surtout de plus loin, il veut explorer, pour apporter richesses et opportunités à son pays. En 1533, il adresse une requête à François Ier, aussitôt saisie. Il reçoit alors le commandement d’une expédition dirigée vers le nord de l’Amérique.

Oser l’aventure

Avec deux navires et 61 hommes, Cartier embarque en 1534 et reconnaît le cap Bonnavista au nord de Terre-Neuve, le détroit de Belle-lsle et les rives du Labrador. Longeant ensuite la côte, il aborde la baie des Chaleurs, puis celle de Gaspé, où il prend solennellement possession du pays au nom du roi de France.

Enfin, il pénètre dans le Saint-Laurent qu’il prend pour un golfe. La beauté, la fertilité du pays et le bon accueil des Indiens enchantent Cartier. Avec deux membres de la famille d’un chef indien, il rentre en France pour en exposer tout le potentiel marchand.

Confiant en son serviteur, le roi lui confie aussitôt une nouvelle mission : en 1535, Cartier quitte Saint-Malo avec le commandement de trois navires, 110 hommes et quinze mois de vivres. Il remonte le Saint-Laurent et comprend qu’il navigue sur un fleuve lorsque l’eau devient douce : il peut ainsi aisément explorer l’intérieur des terres. Il monte jusqu’à Hochelaga et gravit la colline, à laquelle il donne le nom de Mont-Royal, futur Montréal.

Mais le froid emprisonne les navires et Cartier doit hiverner. Les rapports entre Français et autochtones se détériorent et le scorbut décime l’équipage français. À la belle saison, Cartier repart pour la France en ramenant de force un chef de village iroquois, Donnacona. De retour à la Cour, il relate l’histoire du royaume de Saguenay, où les habitants, vêtus de soie, vivent dans des cités d’or.

Relativiser l’échec

Ébloui, François Ier décide le lancement d’une nouvelle expédition avec deux consignes : implanter une colonie et ramener le maximum de produits précieux. Mais le roi de France nomme un autre chef d’escadre, Cartier étant relégué au statut de premier subordonné.

En dépit des ordres du roi, Cartier, qui souhaite poursuivre ses découvertes, part sans le reste de l’expédition. Seul, il accumule « or et diamants » mais ne dit mot de ses précieuses cargaisons avant son retour en Europe. En France, le désenchantement est total : l’expertise des pierres révèle qu’il s’agit de quartz et de pyrite de fer… Une mésaventure dont on retiendra l’expression « faux comme des diamants du Canada ».
Si Jacques Cartier demeure persuadé des richesses du Canada, la France se retire néanmoins de sa conquête… pendant cinquante ans. Malgré cet échec, Jacques Cartier reste l’un des consultants et explorateurs les plus réputés : il reçoit beaucoup et prodigue de nombreux conseils. Surtout, il écrit ce qu’il a vu et vécu, conscient que d’autres tenteront l’aventure et réussiront…

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Faites comme Jacques Cartier pour lancer une dynamique internationale :

 

  • Eviter le court-termisme. Au quotidien, nous sommes soumis au dogme du court terme, performance, prime ou sanction. Il faut pouvoir s’en libérer pour éviter l’échec cuisant des pseudo-diamants ramenés par Cartier. Si François Ier avait compris toutes les potentialités d’un développement outre-Atlantique, la France aurait persévéré et parfait ses relations avec le Canada.
  • Accepter l’échec. Il est certainement plus facile de rester sur ses acquis que de tenter une aventure internationale. L’incertitude entraine automatiquement la potentialité d’un échec. Mais il faut pourtant savoir rester optimiste, car dans l’échec, il y a une leçon, une étape de plus vers une réussite méritée.

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Avec la Petite Histoire des Grands Managers, nous vous proposons une fois par mois les expériences concrètes des leaders du passé, source intarissable de réflexion et d’inspiration pour les managers d’aujourd’hui.

Docteur en histoire, spécialiste du patrimoine et certifié Predom, Yann Harlaut est consultant culturel. Il est auteur de différents ouvrages parmi lesquels « Négocier comme Churchill. Comment garder le cap en situations difficiles » et « Convaincre comme Jean Jaurès. Comment devenir un orateur d’exception », tous deux aux éditions Eyrolles.

 

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