Galilée. Avoir raison quand tout le monde a tort

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« Et pourtant elle tourne ! » La célèbre phrase rappelle la difficulté, bien connue des précurseurs, à convaincre du bien-fondé d’une idée nouvelle. Une situation qui fera écho chez les managers. 

Devenir expert

Né en Italie en 1564, Galilée est professeur de mathématiques à Pise, puis à Padoue. Son expertise reconnue, il intègre en 1610 la cour de Toscane. Philosophe et mathématicien personnel du grand-duc et par conséquent sans contraintes financières, il peut se livrer à ses recherches en astronomie.

Sa présence à la cour lui permet de nouer des relations clés avec le cardinal Barberini, futur pape Urbain VIII. Une relation qui s’avérera cruciale dans la poursuite des avancées scientifiques de Galilée.

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Négocier un compromis

En décembre 1614, l’astronome est accusé de soutenir – comme Copernic – que la Terre tourne autour du soleil. À cette époque, toute idée novatrice doit s’appuyer sur un compromis avec l’Église. Galilée, pour qui la recherche scientifique est séparée du discours sur le divin, doit donc composer.

Le cardinal Barberini lui conseille de taire les questions d’exégèse, domaine réservé de l’Église. Le compromis est forgé : la théorie selon laquelle la Terre tourne autour du soleil est déclarée fausse, mais peut néanmoins être utilisée comme hypothèse dans le calcul du mouvement des astres.

Le prix de l’opposition

En 1615, Galilée est de nouveau sous la menace d’un procès. Il est accusé de défendre des idées contraires à la religion. L’année suivante, les inquisiteurs, puis le Pape, censurent l’héliocentrisme. Pour échapper au procès, Galilée se soumet d’abord à la décision pontificale. Mais il bafoue ces précieuses consignes. La rupture est désormais consommée. Le procès est ouvert en septembre 1632. Il s’annonce pour Galilée comme la chronique d’une défaite annoncée.

En juin 1633, condamné, son ouvrage interdit, Galilée doit abjurer la théorie de Copernic. Placé en résidence surveillée, le scientifique échappe à la torture. Mais il est sommé de ne plus évoquer la question de l’héliocentrisme, sous peine d’être supplicié.

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La reconnaissance

Relégué, Galilée n’interrompt pas ses travaux. Il pose ainsi les fondements de la mécanique comme science, avant de s’éteindre en 1642. Devenu le symbole du savant menacé par l’obscurantisme religieux, il est salué aussi bien par les philosophes des Lumières que par les Positivistes du XIXe siècle.

Ses idées lui survivent et s’imposent peu à peu. En 1757, ses ouvrages sont de nouveau autorisés par la papauté, qui reconnaît en 1992 l’erreur des théologiens à son encontre.

La théorie de Galilée impliquait un changement total de paradigme. Toute idée nouvelle conduit à des ruptures souvent difficiles à appréhender. Comment réussir à convaincre son équipe et sa hiérarchie de son bien-fondé ?
  • Préciser les origines, le contexte et les enjeux de cette idée.
  • Pour être appropriée, une idée doit être comprise, acceptée, intégrée. Plus qu’imposer, il est préférable de faire adhérer.
  • Créer un climat respectueux et propice à l’évolution des représentations des uns et des autres.
  • Privilégier les quick wins, les succès rapides et mesurables, à une dynamique d’emblée englobante.
  • Favoriser le retour d’expérience en prenant du recul, en créant des outils de suivi, en distinguant les points forts et les points faibles, en nourrissant une démarche constructive.

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Yohann Chanoir

Professeur agrégé et doctorant à l’EHESS, Yohann Chanoir s’intéresse à l’écriture de l’histoire par le cinéma. Il est auteur de nombreux articles scientifiques et grand public et de plusieurs ouvrages dont « Convaincre comme Jean Jaurès. Comment devenir un orateur d’exception », aux éditions Eyrolles et Las Vegas mise en scènes, chez Espaces et Signes.

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