Un manager Français en Roumanie

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Jeune manager française, Aurélie se retrouve à Bucarest en Roumanie. Accueillie avec bienveillance et admiration, Aurélie saura-t-elle répondre aux attentes ?

La Roumanie est un pays culturellement très riche, en plein essor économique. Les Roumains que j’ai rencontrés sont chaleureux et accueillants – hormis quelques personnes âgées encore méfiantes vis-à-vis des étrangers. Ils aiment les débats animés – souvent même passionnés. L’humour est largement présent, avec jeux de mots, absurdité ou noirceur. Un collègue m’a un jour dit que la Roumanie est un îlot latin dans une enclave slave, d’où découlerait une culture partagée entre la raison de l’occident et la rêverie de l’orient. Au bureau, j’ai en tous cas été impressionnée par le niveau de maîtrise du français.

Une bienveillance à mériter

Les Roumains ont des a priori très positifs sur la France et les Français, ainsi qu’une vaste connaissance de notre culture, littérature et philosophie comprises.

Le respect de la hiérarchie est ici très fort. Conséquence : lorsqu’on est manager ET français, on a parfois l’impression de posséder une autorité naturelle, même auprès de ses propres supérieurs… Les attentes sont donc élevées, et il est important de rapidement prouver son expertise.

Pratiques organisationnelles

Les organisations en Roumanie sont encore très centralisées et hiérarchiques. Le top-management a donc beaucoup de pouvoir décisionnel, et le micro-management est courant. Les relations informelles jouent un rôle important dans le partage de l’information et dans la prise de décision, ainsi que dans les partenariats.

Mes interlocuteurs parlementent beaucoup… et respectent peu l’ordre du jour en réunion. Les décisions sont prises en fonction du contexte du moment, de l’influence des parties-prenantes, mais aussi des intérêts personnels. On communique beaucoup à l’oral, et peu à l’écrit ; la planification et la tenue des délais ne sont jamais acquis d’avance. Il faut savoir rester souple !

Dress code et journée type

Au travail, on s’habille en fonction de son statut hiérarchique. On attend des cadres qu’ils se vêtissent de façon très formelle. Les vêtements griffés sont une marque de réussite sociale, et on attend des étrangers qu’ils soignent leur look : la tenue de ville est de rigueur.

Une journée de travail classique commence à 9h et se termine à 17h, soit 40h par semaine, avec un maximum de 48h. Pour le déjeuner, on s’accorde en général une pause d’une heure. Il est habituel de rencontrer des clients ou partenaires autour d’un repas, et les dîners d’affaires sont courants – les Roumains sont des bons vivants, et la convivialité compte davantage que le contenu des assiettes !

Mes collègues apprécient que l’on prenne le temps de s’intéresser à eux et de créer une relation de qualité. Prendre un café en journée, ou une bière après le travail, constituent d’excellents moyens d’établir et de maintenir de bons rapports.

Réseau et faveurs

J’ai remarqué que mes collaborateurs font facilement valoir leurs connexions et réseaux personnels pour résoudre des problèmes. En retour, on attend des faveurs personnelles, et c’est une habitude installée (et perçue comme légitime) : on pourra par exemple vous demander d’embaucher un membre de la famille sur un poste vacant !

Pour autant, on m’a rarement fait de demandes inappropriées et, quand cela a été le cas, mon refus a été accepté et compris sans problème.

Un turnover élevé

Les plus jeunes, s’ils font preuve de beaucoup d’enthousiasme et de curiosité, sont assez difficiles à canaliser. Et leur soif d’apprendre les pousse à aller voir ailleurs dès qu’ils ont le sentiment d’avoir fait le tour de leur poste.

J’ai compris que si le salaire est un argument, des éléments comme l’ambiance de travail, la confiance, les responsabilités, et surtout les perspectives internationales (déplacements, formations) sont tout aussi déterminants.

Ce que je retiens : 
  • Mes collègues ont souvent une activité secondaire, une petite entreprise, à côté de leur emploi principal. Une manière de s’assurer un back-up en cas de revers professionnel – et un réflexe hérité de la période communiste.
  • On parle facilement d’argent, des dépenses qu’on a faites, etc. Il y a une sorte de gourmandise à consommer, et à montrer qu’on le peut. Les Roumains parlent facilement de leur salaire : attention à ces discussions salariales, en raison des écarts entre expatriés et locaux, qui peuvent être choquants.
  • Le communisme reste un sujet délicat, que je préfère n’aborder que quand mes interlocuteurs ont eux-mêmes amené le sujet sur la table – où ne pas aborder du tout.

« Tribulations d’une manager française à l’étranger » est une série fiction relatant les expériences internationales d’Aurélie. Cette jeune manager d’une trentaine d’années dirigeait aujourd’hui des équipes à Bucarest, en Roumanie.


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