Testé pour vous : le déjeuner en pleine conscience

dejeuner pleine conscience travail @loubenoist

Nous sommes allés manger en pleine en conscience avec une diététicienne-nutritionniste également professeur de Yoga. Une heure de déjeuner et de détente, qui nous a ouvert les sens ! Récit de l’expérience.

L’un des défauts du travailleur moderne est de manger vite, toujours plus vite. Une très mauvaise habitude dénoncée par les nutritionnistes… mais aussi par les DRH. Le repas est un moment de pause qui doit permettre à chacun de se détendre et de recharger les batteries. Découvrons le repas en pleine conscience, guidés par une professionnelle, Alexandra Palao, diététicienne et professeure de yoga.

Dans la majorité des pays orientaux, la méditation consiste à focaliser son attention sur un point précis – la respiration, une partie de son corps, la flamme d’une bougie, un mantra, afin de développer nos sens. À la fin des années 1970, une version laïque se développe, basée sur la pleine conscience (le Mindfulness Based Stress Reduction).Après les hôpitaux, ce programme a gagné peu à peu les entreprises, en particulier lorsque le lancement du Plan Santé au travail (2010-2014) a imposé aux entreprises de prendre des mesures tangibles afin de lutter contre les risques psychosociaux, notamment en agissant sur le stress de leurs salariés.

Venir avec son Mac Do’ ?

Alors que les participants prennent place autour d’une table, l’un s’excuse, timidement : « J’avais faim… et je suis allé chercher un Mac Do’… C’est grave ? ». Silence gêné dans la salle. Alexandra, la diététicienne-nutritionniste qui encadre la séance, elle, dessine un large sourire et commente avec excitation : « Bien sûr que non ! Au contraire, je vous en remercie : cela me donne l’occasion d’expliquer qu’il ne faut pas se priver. Le but de notre exercice est de ressentir, et surtout, de se faire plaisir ! ». Soulagement. Il est 13h. Si notre amateur de fast food commence à manger pour ne pas déguster un burger froid, les autres, eux, devront un peu patienter :  « Peut-on éteindre les lumières s’il vous plaît ? ». Notre professeur souhaite une ambiance tamisée… et avant tout, sans nourriture : « Avant de commencer l’expérience, il est essentiel que chacun prenne un temps pour méditer ». Accompagnée de La raison gourmande de Michel Onfray et d’un bol tibétain, Alexandra nous invite d’une voix suave à ressentir notre corps, à respirer profondément. Chacun est ainsi prêt à s’offrir un peu de son propre temps.

L’ouverture des sens

La méditation terminée, Alexandra nous demande de tendre le bras et d’ouvrir la main, les yeux fermés. Elle y dépose alors un “quelque chose” qui nous est inconnu. À nous de décrire ce que nous sentons dans notre paume, puis, dans un second temps, de le malaxer avec les doigts, identifier sa texture et sa forme. « C’est mou », « c’est petit », « c’est léger », « ça colle un peu », « c’est rugueux »… Chacun donne son avis sur ce qu’il perçoit.

Quelques minutes passent et nous devons maintenant le rapprocher de nos narines afin de “respirer” littéralement son odeur et mettre des mots sur ce qu’il nous inspire. « Serait-ce une petite datte ? », « une baie de goji ? », « un raisin sec ? ». Il s’agirait donc, a priori, d’une baie, ou d’un fruit sec.

Enfin, nous avons l’autorisation de le mettre au contact de nos lèvres, puis, en bouche… sans le croquer ! Là encore, pendant plusieurs minutes, le fruit s’accole à nos dents, caresse notre palais. Une acrobatie gustative pendant laquelle il est difficile de ne pas mastiquer le fruit. Croquer, mâcher, puis enfin avaler, sont d’autres étapes sur lesquelles il faudra se concentrer. C’est cela, l’expérience du repas en pleine conscience.

« Comme si tout avait été disséqué en bouche »

Cette initiation à la pleine conscience via une cranberry est un succès. Accueillie avec bienveillance par l’ensemble des participants, l’expérience semble avoir convaincu la majorité. L’aliment a été observé et goûté d’une façon inédite : « J’ai beaucoup plus senti le goût », « comme si tout avait été disséqué en bouche », commentent les plus réceptifs. Quoi que l’on en pense, cette baie n’a laissé personne indifférent.

Si pour certains la situation s’est révélée « absurde », pour d’autres « étonnante », tous s’avouent ravis de s’être découvert une nouvelle faculté : celle de goûter avec l’ensemble de ses sens et de son corps. Comme si une relation personnelle avait été établie avec cette cranberry ? Chacun a pu, en tous cas, savourer son repas dans le calme, tout en s’interrogeant sur les vertus d’une telle pratique à plus long terme.

Lire aussi : Déjeuner mieux, un gage de performance

*Alexandra Palao est diététicienne-nutritionniste, institutrice de pleine conscience, professeur de Yoga. Elle est spécialisée dans la prévention et l’accompagnement du surpoids et de l’obésité. Renseignements : etrepresentasoi.com 

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