Poivre et sel : l’âge d’or des salariés ?

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Si les entreprises françaises sont plutôt réfractaires à employer des seniors (souvent définis comme ayant plus de 45 ans seulement !) il n’en reste pas moins que leur expérience est une richesse et une nécessité. Et côté management, ils n’exigent aucune prouesse, bien au contraire. 

L’Hexagone a depuis longtemps tendance à considérer le salarié comme une charge et non comme une ressource. Résultat ? Le sénior, souvent mieux payé du fait de son ancienneté, se trouve dans une situation de fragilité sur le marché de l’emploi. D’après Pôle Emploi, aujourd’hui, un actif de plus de 50 ans sur deux n’a pas de travail (taux d’emploi : 50,3%, le « meilleur » chiffre depuis le premier trimestre 2003). Quand ils en ont un, il est aussi plus précaire : selon une enquête de la Dares publiée au mois d’août 2017, les salariés seniors travaillent plus à temps partiel que les plus jeunes (23% des salariés seniors travaillent à temps partiel, contre 18% des 30-54 ans).

Depuis les années 70, il est communément admis qu’en cas de difficultés, il est préférable de se séparer des plus âgés. Mais aujourd’hui, les seniors, qui représentent 40% de la population active, font valoir leur place, avec raison. Car ils se révèlent être des éléments clés dans les équipes.

Une barrière d’âge à revoir

«  Les barrières d’âge sont aujourd’hui cassées (..,), explique la spécialiste Anne-Marie Guillemard, professeur de sociologie à la Sorbonne. « Les parcours sont devenus flexibles, ils ne sont plus standardisés sous le schéma : formation, travail, retraite. 5% des femmes ont des enfants après 40 ans », rappelle-t-elle auprès de l’Observatoire des Séniors. Conséquences ? Il est nécessaire de sortir du schéma productiviste habituel et prendre en compte l’expérience du salarié, afin de la valoriser.   

« Aucune étude n’a démontré que l’âge entraînait une perte de productivité ! L’expérience doit être considérée comme une richesse, et non comme un coût », confie la spécialiste. Un point de vue que souligne l’économiste Pascal Dardenne : « L’absence de seniors en entreprise est un mal français (…). On est bien différent de nos voisins européens. Notre vision est encapsulée autour de 40/50 ans et ça formate toute l’organisation. Nous sommes dans une situation démographique totalement nouvelle, nous devons nous adapter pour maintenir les seniors en activité et préserver notre économie. »  

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Des facilités de management

Contrairement aux idées reçues, manager les plus de 45 ans présente plus d’un avantage. En voici une liste non exhaustive :  

  • Ils font profiter de leurs expériences et de leur savoir-faire  

« Contrairement aux idées reçues, les seniors sont des salariés comme les autres, capables de s’adapter à leur environnement, maîtrisant aussi bien le numérique que les jeunes. Ils sont juste plus expérimentés… et plus âgés », nous confie Serge Guérin, sociologue, spécialiste des questions liées au vieillissement et aux seniors. 

  • Ils aspirent à plus de stabilité et de tranquillité dans l’entreprise 

Moins mobiles que les nouvelles générations, les seniors aspirent davantage à conserver leur emploi que la génération Y. De plus, ces derniers sont globalement moins absents.  

  • Ils permettent de cadrer les plus jeunes et de diversifier les équipes  

La diversité des âges au sein d’une équipe offre une grande richesse et permet de stimuler la créativité de chacun. « Je garde en mémoire ce site d’un constructeur automobile qui a vu sa productivité se dégrader suite à un départ massif de seniors. Justement parce qu’elle reposait sur l’apport mutuel des différentes générations », se souvient Serge Guérin.  

  • Ils sont plus prompts à la formation et capables de s’adapter  

Les seniors perçoivent la formation davantage comme une chance de remise à niveau et l’occasion d’apporter une nouvelle compétence à l’entreprise. Un gage de confiance et de reconnaissance, aussi, qui semble bien apprécié.  

  • Des rapports moins complexes qu’avec les Millenials  

Il semblerait que les rapports soient plus simples avec les seniors qu’avec les Milleniums, qui exigent d’avantages de souplesse, de flexibilité et supportent mal les rapports hiérarchiques.  

 

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