Au bureau aussi, attention au bruit

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Deuxième maladie professionnelle la plus répandue, la surdité constitue toujours un enjeu majeur de santé, même au bureau.

Les éclats de voix provenant de conversations téléphoniques sont les bruits les plus gênants au bureau, si l’on en croit l’étude menée par Plantronics®, une société spécialisée dans les solutions de communication audio. Juste derrière, on trouve les conversations de collaborateurs devant son bureau ou son espace de travail (24 %), suivies, c’est plus étonnant, des reniflements et de la toux (16 %), devant les alertes de smartphone (11 %). Les résultats complets de l’enquête ont été présentés la semaine passée à l’occasion de la 3èmesemaine de la santé auditive au travail.

56 % sont perturbés par le bruit plusieurs fois par jour

Les collaborateurs sont tout de même 56 % à se déclarer perturbés par le bruit plusieurs fois par jour ; 38 % vont se réfugier dans un endroit plus calme, lorsque le bruit devient trop gênant. Les open-spaces « à l’ancienne » sont clairement montrés du doigt, puisque 84 % des collaborateurs indiquent qu’ils préféreraient travailler dans un espace plus traditionnel, avec des bureaux ou des espaces modulaires séparés par des parois.

Une réglementation peu adaptée à la vie de bureau

La réglementation est basée sur le niveau quotidien d’exposition sonore, soit le niveau moyen auquel est exposé un collaborateur pendant une journée de travail de 8 heures. Au-dessus de 87 dBA d’exposition quotidienne, l’entreprise doit mettre à disposition une protection auditive qui devient obligatoire à part de 90 dBA – soit l’équivalent du bruit d’une tondeuse ou d’une tronçonneuse ! Cette réglementation n’est donc pas adaptée au phénomène de gêne observé dans les bureaux.

Des enjeux importants

De son côté, l’AFNOR définit le bruit comme « toute sensation auditive désagréable ou gênante, tout phénomène acoustique produisant cette sensation, tout son ayant un caractère aléatoire qui n’a pas de composantes définies. » Des solutions en matière d’aménagement acoustique des locaux existent mais aussi en matière d’organisation du travail.

Les enjeux sont importants :

  • selon la Caisse d’assurance maladie, la surdité est la deuxième maladie professionnelle avec environ 750 nouveaux cas recensés chaque année ;
  • l’EASW (European Awareness Sustainability Workshop) évalue à 92 milliards d’euros en Europe le coût du bruit au travail et à 7 % le pourcentage de salariés qui souffrent de troubles auditifs liés à leur activité ;
  • le CNB (Conseil National du Bruit) estime le coût social de la surdité professionnelle à 85 millions d’euros par an.

Il ne faut pas négliger non plus les impacts sur la vie sociale et familiale. Le phénomène est suffisamment préoccupant pour que l’association JNA (Journée Nationale de l’Audition) ait organisé du 15 au 19 octobre la 3èmesemaine de Santé Auditive au Travail. Retrouvez les outils à disposition des entreprises sur son site http://www.sante-auditive-autravail.org.

 

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