Les sites de notation méritent-ils une bonne note ?

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Après avoir pris le réflexe de noter restaurants, musées, voyages et prestataires en tout genre, les internautes partagent à présent leurs expériences en tant qu’employés ou candidats. Voici l’entreprise évaluée à son tour. Outils d’information pour les candidats à l’embauche, en quoi les sites de notation peuvent-ils intéresser les entreprises et leurs départements RH ?

Glassdoor, Indeed, Google, et d’autres : les sites de notation des entreprises contraignent ces dernières à embrasser la transparence pour se montrer attractives, plutôt que de risquer l’inverse, le « name and shame », qui consiste à dénoncer nommément les mauvaises pratiques. De nouveaux outils qu’il faut apprendre à maîtriser pour travailler son image employeur.

Un choix plus éclairé

Une étude a été menée par le cabinet de recrutement Robert Half auprès de 504 DG et DSI en charge du recrutement. 67% d’entre eux estiment que les sites de notation d’entreprise jouent aujourd’hui un rôle plus important dans la décision des candidats qu’il y a trois ans. En plus des informations corporateofficielles fournies par l’entreprise, les candidats vont s’y renseigner sur l’ambiance de travail, le niveau de stress, les perspectives de développement de carrière, le style de management. Autant d’informations qu’on ne pouvait découvrir auparavant… qu’une fois embauché. Pour les candidats, le choix est ainsi plus éclairé. Une étude réalisée pour Glassdoor en 2014 révélait en effet que 29% des salariés estimaient ne pas avoir disposé d’informations suffisantes avant d’accepter leur poste.

Principe

L’entreprise reçoit une note générale, qui s’affine en différents sous-critères. Les notes sont assorties de commentaires permettant d’apporter nuances et précisions. Certains sites ont développé des labels, qui récompensent les entreprises les plus performantes selon différents critères attestant d’un ensemble de mesures et comportements RH. D’autres proposentdes classements des employeurs chez qui il fait bon travailler. Ainsi, Choose my company propose les labels “happy at work”, et “happy candidates”. Viadeo, réseau social professionnel, intègre depuis 2015 une fonctionnalité «avis et notations», tout comme le site Le Juste Salaire.com.

Image employeur

Côté entreprise, l’indifférence, voire la méfiance face à ces sites, à leurs débuts, laisse la place à un intérêt croissant. Car les avis émis en ligne sur ces plateformes influencent l’image employeur de l’entreprise. La « glassdoorisation » induit un changement de perspective dans la relation candidat-employeur : l’image employeur ne relève plus des seules informations maitrisées par la communication institutionnelle. Pour les RH, ces sites sont à appréhender comme un moyen de repérerdysfonctionnements ou points forts, permettant ensuite de mettre en place des plans d’action pour remédier aux problèmes soulevés et améliorer les faiblesses relevées.

Sonder ses employés

S’intéresser à ce qui se dit sur ces différents sites de notation est une manière, pour les RH, de prendre le pouls de l’ambiance de travail et de la satisfaction des collaborateurs, Ou comment améliorer son image RH, tant en interne qu’en externe. C’est d’ailleurs le positionnement affiché par ces sites, qui ne s’adressent plus uniquement aux employés, stagiaires ou candidats.

Fondé en 2011, ChooseMyCompany(meilleures-entreprises.fr) se positionne comme un développeur de la performance et de l’attractivité des entreprises en se focalisant au choix : sur l’avis des salariés (c’est l’happy index at work), des stagiaires (Happy index trainees), des candidats (happy index candidates), et des clients (happy index clients). Elle fait également office de plateforme de recrutement par la publication d’offres d’emploi. Glassdoorpropose de « recruter des candidats informés », en offrant un service conçu pour optimiser l’adéquation entre le candidat et le recruteur. L’adéquation, c’est aussi ce que met en avant Indeed, en ciblant le candidat, avec la possibilité de « trouver une entreprise qui [lui] ressemble ». Le message général est celui d’une transparence gagnant-gagnant.

Modération et droit de réponse

Il est déjà loin le temps où l’entreprise était offerte en pâture aux commentaires et notes féroces des mécontents, sans pouvoir se défendre. Elle dispose à présent d’une modération, garantie tant par les algorithmes des plateformes que par leurs ses médiateurs, ainsi que d’un droit de réponse. Une fonctionnalité que n’offraient pas les premiers sites de notation – notetonentreprise.com a d’ailleurs fermé pour cette raison – mais qui permet d’établir un dialogue, ou en tout cas d’offrir une image plus nuancée, le droit de réponse permettant d’équilibrer les sons de cloche.

Comment faire ?

Si l’intérêt des RH grandit, ils hésitent encore sur la manière de s’en emparer. Pour répondre à leurs questionnements, la plupart des sites de notation ont créé des services d’accompagnement, comme ce webinar Glassdoor intitulé « Comment répondre aux avis négatifs ? ». À la Société Générale, par exemple, on s’applique à évaluer les critiques pour comprendre si elles reflètent un dysfonctionnement organisationnel ou une frustration personnelle. Elles sont véritablement traitées comme des points d’alerte ou de vigilance. Ainsi, certains employeurs voient dans cette transparence un atout pour améliorer, piloter et renforcer leur marque employeur, ils y participent volontiers en répondant aux commentaires.

Un anonymat vertueux

L’anonymat est à considérer comme un atout plus qu’une menace. Dans un contexte de marché de l’emploi en tension, il est en effet difficile pour l’entreprise d’obtenir de ses candidats et employés les feedbacks qui pourraient pourtant lui être utiles – la peur d’être mal perçu, de mettre en danger une embauche ou une période d’essai, est réelle. L’anonymat protège le témoin, et offre un retour d’information que l’entreprise pourra exploiter, pourvu qu’elle sache faire preuve d’écoute et d’humilité. L’avis est en outre  vérifié avant publication : il faut s’inscrire pour le soumettre et laisser une adresse e-mail, le lien entre la personne possédant l’adresse et l’entreprise devant être avéré.

« L’étude vient renforcer ce que nous savons déjà intuitivement à l’ère d’Internet et des réseaux sociaux : la marque employeur ne peut pas être prise à la légère. C’est non seulement l’affaire des CEO et du département RH, mais aussi celle de tous dans l’entreprise », déclare Olivier Gélis, directeur général de Robert Half France. «La transparence doit être un objectif en veillant à aligner le message véhiculé à l’extérieur sur le ressenti des collaborateurs en interne

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