Acheter français n’est plus ringard

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Privilégier les fournisseurs locaux était encore il y a peu une préoccupation dépassée pour la majorité des acheteurs BtoB. Signe des temps ? L’idée a fait son chemin parmi les entreprises, qui se convertissent désormais au Made in France.

Plus responsable, plus écologique, plus éthique, mais surtout plus pratique. Le made in France est devenu un critère de choix pour les services achats des entreprises. 53 % des acheteurs affirment prendre en compte la dimension française de la fabrication dans l’attribution d’un marché, alors qu’ils n’étaient que 31 % en 2017[1].

Un revirement stratégique

Si l’heure n’est pas au retour en masse des délocalisations, la politique d’achat tend à se tourner davantage vers les fournisseurs locaux. Un vrai changement de paradigme ! Car passer de la stratégie d’abord orientée vers la chasse aux coûts menée depuis 25 ans à une stratégie d’achat de proximité est aussi le résultat des déconvenues rencontrées par les entreprises : qualité irrégulière, retards de livraison, sans oublier les contrefaçons, les circuits parallèles, et des pratiques sociales parfois contestables.

Pas étonnant donc que la baisse des achats dans les pays à bas coûts se confirme depuis 5 ans. Car si 75% des acheteurs déclarent que la réduction des coûts restera leur premier objectif, 75% se fixent des objectifs en matière de réduction des risques. Et l’approvisionnement dans des pays à l’autre bout de la planète en entraîne plus d’un.

Problème, il est souvent devenu difficile de s’approvisionner 100% Made in France. Et pour cause : en délaissant le marché national pour trouver moins cher ailleurs, les délocalisations ont entrainé la disparition de filières entières, comme par exemple le tissage textile.

Un atout en termes d’image

A l’heure de la prise de conscience sociale et éthique des consommateurs, acheter français confère aussi un atout d’image. Les difficultés économiques ont fait prendre conscience aux Français de la nécessité d’un retour à la consommation locale pour préserver les emplois. De récents scandales sanitaires ne sont pas étrangers à la tendance. En consommant français, les citoyens ont l’impression de mieux maitriser la provenance et le contenu de leur assiette, avec une meilleure garantie de traçabilité. Ils sont également de plus en plus nombreux à rechercher les produits étiquetés d’un logo bleu-blanc-rouge, pour réduire leur empreinte carbone.

« La réindustrialisation passe aujourd’hui par une politique d’achat en France et en Europe, par la volonté de trouver des fournisseurs locaux » soulignait, dans Les Echos, Damien Forterre, enseignant-chercheur en stratégie d’entreprise et responsable du Bachelor de Novancia. Bonne nouvelle donc pour le Made in France… à condition qu’il tienne ses promesses !

[1]Selon l’enquête annuelle du cabinet AgileBuyer et du Conseil national des achats

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