Les petits bonheurs au travail : Jazz à la station.

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Responsable commercial, Nicolas, 46 ans, passe une grande partie de son temps seul en voiture. Une routine qui n’empêche pas de belles surprises. Suite de notre série : Les petits bonheurs au travail.

« Il y a environ deux mois, j’ai pris l’A13 le matin très tôt pour rallier la Normandie où je devais rencontrer un client, près de Caen. J’adore écouter de la musique au volant, et j’étais en train de siffloter These Things Called Changes de Bill Evans, un vieux standard que diffusait TSF Jazz, lorsque je me suis arrêté sur une station-service pour faire le plein.

Le pianiste y était-il pour quelque chose ? Etais-je moins réveillé que je ne croyais ? Dans un moment de distraction j’ai commencé à charger du sans plomb au lieu du diesel. Catastrophe ! Quand je m’en suis rendu compte, j’avais déjà mis vingt litres. Beaucoup trop pour pouvoir reprendre la route sans dommage pour le moteur.

Pas trop fier de moi je me suis dirigé vers la caisse. Et là, je suis tombé sur un type compréhensif – pour commencer il a eu l’élégance de ne pas sourire de ma bévue. Il a fait le nécessaire avec son responsable et le mécano pour siphonner le réservoir. Quand j’y repense c’est surtout moi qui l’étais, siphonné, ce matin-là. Funny Man, comme dirait Bill Evans – un autre de mes titres favoris.

J’ai appelé mon client pour le prévenir de mon retard (sans entrer dans les détails), et j’ai discuté avec le jeune homme pour m’apercevoir que son emploi à la station était d’abord alimentaire ; sa vraie vie c’était… clarinettiste dans une quartet de jazz. Pendant qu’il servait la clientèle et que le mécano s’affairait, nous avons discuté un long moment de nos musiciens et de nos morceaux préférés. Pour finir il m’a proposé d’assister à leur prochain concert dans une salle d’Evreux.

Je suis arrivé en retard à mon rendez-vous, mais avec une invitation dans la poche. Je suis allé au concert, j’ai bu un verre avec Jean-François. Nous nous sommes revus. Et hier nous nous sommes mariés, malgré la différence d’âge. Comme quoi un petit malheur peut mener à un grand bonheur ? Ma vie a recommencé sur une station-service. »

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