Bâtiments : passer à l’énergie positive

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Le Bâtiment à énergie positive, alias BEPOS, produit davantage d’énergie qu’il n’en consomme. Au moment où beaucoup d’entreprises reconsidèrent leurs espaces de travail, une telle démarche peut constituer un vrai plus. À condition de ne pas se limiter à ses aspects techniques, et d’engager ses collaborateurs dans des démarches éco-responsables collectives.

Trois éoliennes de quinze mètres de haut, trois autres, de trois mètres, installées sur le toit, des panneaux solaires et photovoltaïques, des puits canadiens, de l’hydrogène, une pile à combustible : le projet Abalone Énergie26, qui vient de voir le jour à Saint-Herblain, près de Nantes, est le premier bâtiment tertiaire autonome à énergie positive et sans rejet de gaz à effet de serre. Il n’est pas raccordé au réseau électrique national, grâce à son réseau énergétique propre et indépendant. Et il présente une innovation : l’utilisation de l’hydrogène et d’une pile à combustible lui permet de stocker l’énergie produite pour être autonome 24/24, 12/12.

L’énergie, nouvel enjeu des bâtiments

Après le bâtiment passif, basse consommation ou zéro énergie, le BEPOS (Bâtiments à énergie positive) va plus loin, en produisant plus d’énergie qu’il n’en consomme. L’enjeu est d’importance : le bâtiment arrive en tête des consommations d’énergie avec 40 % du total, devant les transports (30 %) et l’industrie (30 %). Il est responsable de plus de 40 % des émissions totales de CO2.

La conception d’un bâtiment à énergie positive reprend les grands principes de la maison passive, en y ajoutant des éléments de productions d’énergie. Ainsi, le nouveau bâtiment de l’INES (Institut national de l’énergie solaire) intègre des stores « brise-soleil » motorisés, en façade ouest qui, suivant le soleil comme des tournesols, laissent entrer la lumière mais retiennent la chaleur. 300 m2de capteurs solaires thermiques et une chaudière à bois assureront le chauffage et 400 m2de panneaux photovoltaïques assurent la production d’électricité.

Prendre de l’avance

Conçue par Bouygues Immobilier, Green Office® est une marque d’immeubles de bureaux à énergie positive qui bénéficient des labels et certifications environnementales les plus exigeants (HQE®, BBC-Effinergie Bâtiment Tertiaire, BREEAM…), et qui anticipent les futures réglementations thermiques et énergétiques. L’architecture des bâtiments est pensée pour bénéficier au maximum de la luminosité et de la ventilation naturelles. Des cellules photovoltaïques sont implantées en façade et sur les toits, de la géothermie est prévue pour rafraîchir les locaux en été et une centrale de cogénération à base d’huile de colza complète l’ensemble.

Mais l’optimisation du bilan énergétique repose également sur un suivi et une rationalisation constante des consommations. Il n’y a ni interrupteur ni télécommande : la lumière, l’ouverture des stores et le chauffage se déclenchent et s’éteignent automatiquement grâce à des capteurs de luminosité et de présence. Les occupants bénéficient d’un espace de qualité, d’une visibilité valorisante pour tous, tout en réduisant leurs charges.

Adopter une démarche éco-responsable

Reste que, pour Yeelen Perrier, chargé de projet en éducation à la transition énergétique à l’ALEC (Agence locale de l’énergie et du climat) de Lyon, « les bureaux à énergie positive ne se limitent pas à une question technique. Il faut que les occupants des bâtiments adoptent une démarche écoresponsable, et que les entreprises mettent en place un mode de vie durable au travail ». Construire cette politique d’entreprise passe par la définition des priorités, et la promotion des éco-gestes au travail.

Ainsi, avec le soutien de l’Ademe et de la Métropole de Lyon, l’ALEC Lyon a imaginé une démarche de sobriété énergétique Bureaux à Énergie Positive ® (BAEP) « Elle consiste à accompagner une équipe de collaborateurs qui agit concrètement pour les économies d’énergie au bureau, par la réalisation d’éco-gestes. En parallèle, quelques préconisations techniques sans travaux, en lien avec les attentes des salariés et les services d’exploitation/maintenance sont proposées », indique Yeelen Perrier.

Construire des projets collectifs

Par exemple, les consommations inutiles des équipements bureautiques (ordinateurs, imprimantes, photocopieurs) constatées la nuit et les week-ends représentent en moyenne 40 % de la consommation totale des appareils, selon l’Ademe. Elles peuvent être aisément supprimées. Autre exemple, toujours selon l’Ademe : le chauffage représente plus de 50 % des dépenses en énergie des bureaux. Sans nuire au confort des occupants, diminuer de 1°C la température ambiante permet de réduire la consommation annuelle en chauffage de 5 à 10 %…

Pour mettre en œuvre cette politique, on peut créer des groupes de travail et d’action thématiques, comme : alimentation, consommation d’énergie, déchets, ou mobilité. Ces groupes suivent les projets depuis la phase d’analyse et d’acquisition de compétences jusqu’au plan d’actions. Avec deux facteurs clés de succès pour Yeelen Perrier : « Accorder du temps à cette démarche, en organisant les réunions sur le temps de travail ; impliquer les managers de proximité au même titre que les services généraux ou les responsables RSE ».

 

Regroupements de sites, accompagnement de fusions ou de restructurations, réduction des effectifs et des surfaces, maîtrise du coût global des postes de travail : autant d’occasions pour une entreprise d’envisager de déménager. Les bâtiments à énergie positive ouvrent de nouvelles perspectives.

 

Photo by Groupe Cesbron, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

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