Mobilité : à pieds, à cheval, ou en voiture ?

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Intégrée à la Semaine européenne de la mobilité (SEM) organisée chaque année du 16 au 22 septembre, la 18e édition de la campagne « Journée sans voiture » mettait à l’honneur ce dimanche les avantages de la marche à pied et du vélo. Si l’initiative a été assez peu suivie, selon les observateurs, elle n’en constitue pas moins l’occasion de reposer la question des alternatives à l’automobile, tout particulièrement dans le cadre professionnel.

Impact sur la qualité de l’air, nuisances sonores, stress des encombrements, temps perdu au volant… : l’automobile a mauvaise presse. A contrario, pas de doute, la marche à pieds est bénéfique, et la pratique quotidienne du vélo, fut-il électrique, s’avère excellente pour la santé, et sans dommage visible pour l’environnement immédiat. Reste que pour qui ne vit pas à proximité d’une ligne de transports en commun et travaille à plus de 6 ou 7 kilomètres de chez lui, l’usage de la voiture demeure juste indispensable.

En usage professionnel, les avantages pratiques de l’automobile sont toujours là : déplacement de point à point sans rupture de charge, possibilité d’emporter du matériel (pour les techniciens), de la documentation ou des échantillons (pour les commerciaux). La multiplication récente des vélos-cargos à assistance électrique, version moderne des triporteurs d’antan, reste limitée aux petites livraisons en centres-villes. L’objectif pour les entreprises est donc aujourd’hui d’intégrer l’usage de l’auto dans une vision plus large de la mobilité.

Raisonner les déplacements

Déplacements et frais professionnels constituent le 2ème poste de dépenses de l’entreprise. Pour une société de taille moyenne réalisant 6 000 déplacements vers plusieurs sites en France et en Europe au cours de l’année, l’effet d’une réduction de 10 % des déplacements pourrait générer une économie d’environ 100 000 euros, selon l’ADEME.

Dans ces conditions, on comprend l’intérêt de changer de paradigme. Le télé-entretien, la relève à distance des compteurs par exemple, changent la donne des visites techniques. Commercialement, il est devenu bien plus simple d’entretenir une relation distante, mais aussi plus régulière, avec ses clients, en réinvestissant ainsi le temps gagné en déplacements. Les nouveaux outils collaboratifs, et le bon usage de systèmes de vidéo-conférence désormais très bon marché (voire gratuits), le permettent ! On évitera aussi aux candidats à un poste de devoir se déplacer plusieurs fois, en conduisant les premiers entretiens par Skype ou équivalent. Le déplacement le moins polluant et le plus économique c’est d’abord… celui qui n’existe pas.

Optimiser la gestion de sa flotte

Le rapport au déplacement, notamment en voiture, s’est transformé ces dernières années au fur et à mesure des avancées technologiques : PDA[i]professionnels, tablettes tactiles, GPS, applications, cartes de paiement corporate, les collaborateurs peuvent gérer leur mobilité eux-mêmes, avec davantage d’efficacité.

La mise en place de flottes d’entreprise en auto-partage permet de proposer un service de qualité (propreté, maintenance, système de réservation dématérialisé…). L’employeur peut en profiter pour électrifier son parc, associant responsabilité environnementale et communication interne. Des offres de car-sharing sont proposées par les spécialistes de la location longue durée. Outre une meilleure utilisation du parc, la solution permet d’éviter les trajets domicile-bureau en voiture, par exemple le jour où le collaborateur n’a qu’un rendez-vous à l’extérieur.

Mais la vision même de la flotte d’entreprise ne se limite plus au parc auto. L’assureur Euler Hermes a par exemple signé un partenariat avec la start-up Zenride pour mettre gratuitement des vélos électriques à la disposition de ses salariés. A l’issue de la phase d’expérimentation actuellement en cours, le dispositif pourrait être étendu fin 2019 à tous les collaborateurs franciliens. Autre exemple, Mobistreet propose aux entreprises des trottinettes en location longue durée et les services associés : installation de bornes de recharge, maintenance, assurance… Les salariés qui souhaitent en profiter peuvent les réserver via une application mobile.

Un plan de mobilité mutualisable

Depuis le 1erjanvier 2018, les entreprises de plus de 100 salariés en zone urbaine dense doivent se doter d’un Plan de Mobilité. Celui-ci rassemble des mesures pour renforcer l’usage des modes de transport alternatifs :

  • plateforme de covoiturage,
  • développement de lignes de bus adaptées aux horaires,
  • navettes d’entreprise gratuites,
  • pool de voitures en auto-partage,
  • pools de vélos électriques, voire de trottinettes…

Ces entreprises ont la possibilité de mutualiser leur PDM – cofinancé par l’ADEME – avec les entreprises situées sur le même site.

L’entreprise d’aujourd’hui doit d’apporter de nouvelles réponses aux questions environnementales tout en prenant mieux en compte la santé et l’équilibre de leurs collaborateurs. Une mission ambitieuse qui repose sur les Mobility Managers, mais qui ne réussira que si elle est partagée par tous !

 

 

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