JCPMY ou l’art d’interpeller par l’humour et le décalage

Lancée en octobre 2010, J’en crois pas mes yeux, la websérie qui utilise l’humour pour créer du lien entre personnes valides et handicapées revient, comme chaque année, avec de nouveaux sujets traités de manière originale et inattendue. La sixième saison, intitulée « La folle histoire du monde », est l’occasion de nous entretenir avec Jérôme Adam, co-producteur de la série.

Les objectifs de Jérôme Adam et Guillaume Buffet, les producteurs de la série, sont d’aborder des sujets sensibles, voire tabous, en utilisant cette fois-ci le procédé de l’anachronisme. « La folle histoire du monde » fait ainsi la part belle aux missions handicap en les transposant à différentes époques, de la préhistoire à la Renaissance. Un décalage qui permet d’aborder ces sujets avec le sourire.

Des missions handicap en mal de visibilité

Dix ans après l’adoption de la loi pour l’égalité des droits et des chances de 2005, les auteurs ont eu le sentiment que les missions handicap s’essoufflaient et avaient besoin d’un regain de visibilité au sein des entreprises. En effet, une récente étude de Courrier Cadres a montré qu’en moyenne, moins de 20 % des salariés connaissent l’existence d’une mission handicap au sein de leur entreprise. « Il ne faudrait pas que le soufflé retombe, qu’une préoccupation chasse l’autre », estime Jérôme Adam.

JCPMY aborde cette année des sujets délicats, tels la reconnaissance du travailleur handicapé et le maintien dans l’emploi. « Plus la série avance dans le temps, plus nous avons la légitimité et le savoir-faire pour aborder des sujets aussi complexes », explique Jérôme Adam.

Prendre par surprise pour impliquer

Au lieu de faire une campagne directe et frontale sur la reconnaissance du travailleur handicapé (RQTH), « La folle histoire du monde » se situe dans le registre du subliminal. Comme le rappelle Jérôme Adam, « il faut prendre par surprise les gens qui ne se sentent a priori pas concernés ». Le décalage dans le temps met le spectateur à l’aise pour réfléchir à ces sujets : « c’est une manière subjective de lui faire comprendre qu’il peut être concerné. »

Saison après saison, l’objectif de J’en crois pas mes yeux reste le même : s’appuyer sur l’humour pour faire réfléchir et créer du lien. Mission accomplie pour cette sixième saison aussi pédagogique que décalée. Depuis 2010, l’équipe de J’en crois pas mes yeux ne cesse d’innover pour nous surprendre, nous interpeller et briser nos idées reçues sur le handicap et la diversité.

Nous attendons déjà avec impatience la septième saison, qui se passera peut-être – qui sait ? – dans le futur. Rien n’empêche de rêver d’une société où l’on n’aurait plus besoin de communiquer sur ces sujets, désormais compris par tous…

Les épisodes seront diffusés sur internet début 2016. En attendant, découvrez le teaser de la 6ème saison de JCPMY :


TEASER Série 6 de JCPMY : « La folle histoire du… par JCPMY

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