Pause déjeuner : l’entreprise se met aux régimes

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Par goût, pour la santé, pour suivre une tendance ou pour des raisons éthiques ou religieuses, nos habitudes alimentaires se diversifient. Chacun recherche désormais, pour sa pause déjeuner, le menu qui correspond à son choix. S’il est difficile pour un RIE de contenter tout le monde, l’entreprise peut en revanche agir pour que ce repas reste un moment de partage.

Le déjeuner constitue en effet le premier réseau social de l’entreprise, comme nous le rappelions dans cet article. Du coup, le danger est grand que les collègues s’éparpillent au gré de leurs comportements alimentaires, s’isolent, et perdent les avantages de ce moment propice aux échanges, aux discussions, à la compréhension mutuelle.

Alicaments, produits Bio, produits sans gluten… mais aussi végétariens, vegan… et bien sûr, casher, halal, etc. : la palette des comportements alimentaires est devenue très large.

Quelques chiffres « par le menu »

  • En 15 ans (de 1999 à 2014), la consommation française de produits Bio a été multipliée par 5 (5 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour la filière en 2014) selon Agence Bio. Entre 2009 et 2014, la consommation dans la restauration collective a doublé (191 millions d’euros en 2014).
  • Le marché mondial du sans gluten est estimé à 3,6 milliards de dollars en 2014 (note de conjoncture Prisme), en croissance annuelle de 8,5% par an depuis cinq exercices.
  • Végétarisme: 1,8 millions de français auraient adopté cette pratique alimentaire ou le végétalisme, qui exclut en sus tous les sous-produits d’origine animale (produits laitiers, gélatine, miel…)
  • Le véganisme, qui va encore plus loin en excluant la consommation de tout autre produit issu des animaux, de leur exploitation ou testés sur eux, concernerait moins de 1% de la population
  • En 2011, 71% des musulmans interrogés déclaraient pratiquer le jeune pendant le Ramadan, et plus des trois quarts acheter au moins de temps en temps des produits Halal (sondage Ifop La Croix)
  • Aux Etats-Unis, l’un des secteurs les plus choyés par les sociétés de capital risque est celui de la Food tech, qui regroupe les start-up spécialistes de la livraison de plats en entreprise ou à domicile. Leur triple credo : rapidité de livraison (grâce à des plates-formes de type Uber), personnalisation des offres, spécialisation (par exemple sur des menus régimes).

Le Manager aux commandes

La diversité du corps social l’enrichit, c’est bien connu. Pourquoi pas celle des pratiques alimentaires, au sein de l’entreprise ? A condition que sa direction se montre active pour préserver cet instant de partage qu’est le déjeuner. Voici quelques pistes :

  • Avant de vous installer dans des locaux, réaliser une étude sérieuse de l’offre à proximité : restaurants bien sûr, mais aussi magasins d’alimentation, livraisons de repas.
  • Mettre à disposition des collaborateurs un espace pour déjeuner ensemble. Il sera moins tentant de se séparer, en fonction de ses préférences alimentaires, s’il existe une solution conviviale où chacun sait pouvoir apporter son menu préféré, et le déguster auprès de collègues ayant d’autres choix.
  • Dans la mesure du possible, organiser des découvertes mutuelles des univers culinaires respectifs. Par exemple, pourquoi ne pas demander à ce collègue végétarien de concocter un menu complet pour tous, un midi de la semaine ?
  • Ne jamais hésiter à parler d’alimentation sous l’angle de la santé.
  • Faire remonter les informations concernant les offres alimentaires nouvelles dans le quartier (magasins bio, nouveau service de livraison de repas régime, etc.)
  • Et surtout, garder en tête ces deux principes : dans l’entreprise, le respect mutuel est de mise, la convivialité aussi !

Bon(s) appétit(s) !

Illustration : www.monbento.com

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