Nudging attitude

Laissez la carotte et le bâton au vestiaire : le nudging est une méthode de management qui consiste à inciter les collaborateurs à faire le bon choix – celui qui leur profitera comme à l’entreprise.

Le nudging, une méthode douce de management

Littéralement, en anglais, le terme nudging (de l’anglais « to nudge ») signifie “pousser du coude”. Issu des travaux de l’économie comportementale, qui postule qu’un individu bien informé n’est pas pour autant un agent rationnel, le nudge est un concept développé par les Américains Richard Thaler, économiste, et Cass Sunstein, juriste. Leur ouvrage “Nudge, la méthode douce pour inspirer la bonne décision”, est devenu un best-seller au point, dit-on, d’inspirer Barak Obama et James Cameron.

Nudging : un « paternalisme libertarien » aux résultats spectaculaires

Le principe du nudging consiste à inciter en douceur les individus à changer leur comportement. Autrement dit, persuader sans menacer ou sanctionner, la méthode dont rêvent tous les parents ! La raison pour laquelle certains commentateurs l’appellent le « paternalisme libertarien » ?

Les applications du nudging peuvent être extrêmement prosaïques. Le nudge est ce petit coup de main innocent et souvent discret, à l’image de cette mouche gravée dans les urinoirs de l’aéroport Schiphol d’Amsterdam, pour inciter les hommes à mieux viser. Résultat de ce nudge innocent, une chute de 80 % des dépenses de nettoyage… Car un bon nudge est un nudge qui sait rester discret, et qui plutôt qu’imposer « propose » un comportement à l’utilisateur ou au salarié.

Autre exemple de nudge, l’introduction de chips rouges qui donnent des repères aux gourmands pour les conduire à réduire leur consommation. Et pour inciter ses employés à faire de l’exercice, Volkswagen a employé le nudging en transformant un escalier en piano, avec des marches musicales. Effet du nudge : l’escalier est désormais davantage utilisé que l’escalator.

Le nudge réveille la réserve de productivité qui sommeille

Santé publique, protection de l’environnement, marketing… les applications du nudging sont multiples. Le manager éclairé imaginera tout le parti à tirer de cette méthode qui lui permet de remiser la carotte et le bâton, pour utiliser l’incitation, et aller chercher la réserve de productivité qui sommeille en tout salarié.

La révolution culturelle du nudging

Le nudging part du principe qu’une tâche est mieux exécutée quand elle vient d’une décision personnelle plutôt que d’un ordre, que la motivation d’un employé ne peut se limiter au salaire (la carotte) et à la peur du licenciement ou de la sanction (le bâton). Le nudge va chercher à lui faire choisir l’option qui lui convient et qui rapporte à l’entreprise.

Comment ? Par des moyens incitatifs : aménager l’espace de travail pour favoriser le travail d’équipe, proposer des choix par défaut (par exemple paramétrer les imprimantes sur recto/verso pour économiser le papier), montrer le bénéfice plutôt qu’imposer (plutôt que de demander d’éteindre son ordinateur en partant, afficher les économies réalisées par les entreprises qui le font)…

Du nudging à la manipulation, il n’y a qu’un pas à ne pas franchir. Mais la base du nudging comme méthode de management et des nudges en général reste de ne rien imposer. Ce qui suppose de laisser une part de libre-choix et d’autonomie aux collaborateurs. Dans les entreprises pétries de processus et de reporting, le nudging s’apparente alors à une vraie révolution culturelle !

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