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Le recyclage, un enjeu d’entreprise

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Le recyclage constitue un élément important d’une politique RSE. Les filières existent, mais l’enjeu reste de mettre en place un système adapté de collecte des déchets, et de mobiliser les salariés.

200 milliards de feuilles sont imprimées chaque année en France, soit 40 000 chaque minute. Un salarié du tertiaire consomme 94 kg de papier par an, dont seulement 40 % sont recyclés. Pas étonnant donc qu’un nouveau décret impose progressivement le tri des papiers de bureau dans toutes les entreprises (voir encadré).

Chez Nespresso, tous les déchets recyclables du siège, du centre de relation clients et des 30 boutiques, sont triés : papiers, gobelets, emballages, ampoules, piles, toners d’imprimante…, ainsi que tous les éléments de merchandising, et les machines qui reviennent dans les magasins.

« La collecte des déchets, c’est le nerf de la guerre »

Mais l’entreprise va plus loin. Elle a a mis en place un système de collecte des dosettes qu’elle commercialise. Chaque année, elle en récupère ainsi 3 500 tonnes, rassemblées sur un site à Rungis pour être traitées. Le marc de café est séparé de son emballage pour vivre une nouvelle vie, notamment sous forme de compost ou dans la dépollution des eaux usées. L’aluminium, de son côté, est vendu aux fondeurs,

Comme le souligne Katarzyna Renie, responsable du Développement Durable chez Nespresso, « la collecte des déchets, c’est le nerf de la guerre du recyclage. Nous avons donc monté notre propre système de collecte en boutique et sur nos 5 500 points relais. » Nespresso propose également une plateforme de récupération des capsules à laquelle chaque entreprise peut s’inscrire. Et la société s’est associée à La Poste qui fournit des sacs et des bacs récupérés par les facteurs.

La Poste a développé une offre de collecte des déchets intitulé Recy’go, qui permet notamment de récupérer le papier et les cartons. Spécialisée dans les systèmes de détection et de protection contre la foudre, la société Frankilin utilise ce service. Une fois par semaine, le facteur prend en charge deux bacs remplis de papiers de bureaux qui sont livrés à Nouvelle Attitude, une entreprise de résinsertion qui effectue le tri.

A chaque déchet sa filière

Des sociétés comme “Les joyeux recycleurs” installent dans les entreprises des conteneurs adaptés aux papiers, gobelets plastique, canettes, capsules de café, bouteilles plastique, stylos, bouchons, piles, cartouches…. Elle vient les chercher toutes les deux semaines pour les distribuer dans les filières adaptées. Pour chaque kilo collecté, l’entreprise reverse 5 centimes d’euros à Ares Atelier, un atelier d’insertion sociale et professionnelle de personnes en situation de grande exclusion.

Dans un tout autre domaine, 180 restaurants parisiens ont participé à une opération pilote de collecte et de tri de biodéchets (épluchures de cuisine, restes des assiettes des clients…) proposé par le Synhorcat (Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers traiteurs). Selon l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) qui a suivi l’expérience, elle a permis de collecter 540 tonnes de biodéchets en dix mois, qui ont servi à produire 40 000 m3 de biogaz et d’épandre de l’engrais sur 6 000 hectares de terres agricole.

Mobiliser les salariés au recyclage

Les filières de recyclage existent donc. Les collectivités territoriales ont notamment considérablement développé la collecte sélective des déchets. L’enjeu reste de mobiliser les salariés autour d’un projet de tri. Encore faut-il que la direction s’engage pleinement, et mette en place un système adapté. À cet égard, « La phase de diagnostic est essentielle, estime Katarzyna Renie. Il faut bien analyser la nature des déchets et les acteurs concernés pour choisir les solutions appropriées. Ce qui est pertinent pour un bureau peut se révéler contreproductif pour un site commercial. Au-delà, il faut donner envie de trier, ce qui passe par de la communication. » Une communication qui peut s’appuyer sur une culture du tri : après tout, les bonnes habitudes prises à la maison ne demandent qu’à s’exprimer dans l’entreprise.


Une obligation de tri

À compter du 1er juillet 2016, les entreprises devront trier à la source cinq types de déchets : le papier, le métal, le plastique, le verre et le bois. Cette obligation concerne les sociétés qui n’utilisent pas le service assuré par les collectivités, ou dont le volume de déchets hebdomadaire dépasse les 1100 litres. Elles doivent trier ces 5 types de déchets, et les confier à un gestionnaire qui leur délivrera une attestation annuelle.

Quant aux petites entreprises, elles devront progressivement trier les papiers de bureau, dès le 1er juillet 2016 pour les implantations de plus de 100 salariés ; le 1er juillet 2017 pour celles de plus de 50 salariés ; le 1er juillet 2018, au-dessus de vingt salariés.

En savoir plus sur le décret n° 2016-288 du 10 mars 2016 : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000032187830&dateTexte=&categorieLien=id

 

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