Profession : Chief Happiness Officer

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De plus en plus nombreux dans la Silicon Valley, les directeurs du bonheur (Chief Happiness Officer) font leur apparition en France. Leur rôle : favoriser le bien-être des salariés. Entretien avec Nathalie Forestier, responsable du bonheur chez Allo Resto.

Comment êtes vous devenue responsable du bonheur chez Allo Resto ?

Nathalie Forestier : Je suis entrée chez Allo Resto, il y a maintenant dix ans, comme responsable commerciale grands comptes. Pour résoudre des problèmes de communication entre services, liés à la progression des effectifs, en janvier 2015, je suis devenue responsable de la communication interne et de la culture d’entreprise. Par ailleurs, en tant que déléguée du personnel, j’organisais les événements en interne afin de renforcer la cohésion des équipes. En janvier 2016, une collègue m’a transmis un article sur un Chief Happiness Officer dont la description de poste correspondait exactement à ce que je faisais ! J’ai alors mis un nom sur ma mission, et ai proposé à notre directeur général de rebaptiser mon poste. Il a accepté, d’autant plus qu’au même moment nous avons intégré le palmarès “Great Place to Work” des entreprises où il fait bon travailler.

Comment votre nomination a-t-elle été accueillie ?

Très bien. Mais « responsable du bonheur », je trouve le terme un peu fort, c’est pourquoi je préfère son équivalent anglais de « chief hapinness officer ». Les salariés ont compris que j’étais leur interlocutrice en cas de problème ou de besoin.

Ce poste s’inscrit dans la continuité de la philosophie de l’entreprise, que l’on peut résumer par “être sérieux sans se prendre au sérieux”. Nos valeurs se retrouvent dans ce liant que nous appelons la JAM : un esprit d’équipe, franc, innovant et passionné.

Favoriser la cohésion et encourager le dialogue

Le mouvement a été lancé au moment de notre déménagement en août 2014. Nous souhaitions proposer des locaux agréables pour répondre aux attentes de la génération Y. Nous avons fait appel à un cabinet extérieur qui a interrogé chaque collaborateur, et l’aménagement des locaux a été réalisé collectivement. Ils ont été conçus pour favoriser le bien-être et la cohésion des équipes avec, par exemple, une salle de créativité, une pièce de détente équipée de canapés, consoles de jeux, table de ping pong…

Concrètement, quelles sont vos actions ?

J’ai deux missions essentielles : organiser des événements pour favoriser la cohésion et le bien être des salariés ; et encourager le dialogue au travers d’une communication claire.

Concrètement, nous proposons deux séminaires par an, ainsi qu’un voyage à Londres, chez Just Eat notre maison mère. Le premier jeudi de chaque mois, nous fêtons les anniversaires du mois précédent. Le 3e jeudi du mois, l’entreprise offre le déjeuner à tous les collaborateurs, ce qui permet d’échanger, tout en testant les repas de nos partenaires restaurateurs.

Sept collaborateurs, les Jambassadeurs disposent d’un budget pour créer des moments de convivialité. Par exemple, le chouchout’day, au cours duquel nous avons fait venir un ostéopathe, une manucure et une masseuse, pour chouchouter les salariés. Un coach sportif vient une fois par semaine au bureau et nous proposons des cours de yoga tous les quinze jours.

Un salarié heureux est plus innovant et plus créatif 

Au-delà, c’est la pratique managériale qui change. Régulièrement, le directeur général répond en direct aux questions des salariés. Une fois tous les quinze jours, chaque salarié rencontre son N + 1 en tête à tête, et les évaluations sont devenues trimestrielles. Elles portent autant sur les objectifs que sur le comportement par rapport à la JAM.

Quel est l’impact sur les salariés ?

Les enquêtes internes que nous avons menées indiquent que la grande majorité des collaborateurs arrivent au travail avec le sourire et sont heureux de retrouver leurs collègues. Je crois beaucoup à la relation entre bonheur et performance. Un salarié heureux est forcément plus innovant et plus créatif. Et le turn-over devient moins important.

Quelles qualités réclame un poste de Chief Happiness Officer ?

Il faut être positif et faire confiance. Le travail exige aussi de l’organisation, du dynamisme. Surtout, il est essentiel d’être à l’écoute et d’avoir beaucoup d’ouverture d’esprit.

Quels sont vos projets ?

En collaboration avec mon collègue des RH, je souhaite mettre l’accent sur la formation pour répondre aux besoins de l’entreprise, mais aussi pour favoriser le développement personnel de chacun.

Allo Resto

Fondée en 1998 par Stéphane Forest, alors étudiant, Allo Resto est aujourd’hui une filiale de Just-Eat, le numéro un mondial de la restauration livrée à domicile. L’entreprise met en relation des restaurants proposant la livraison à domicile, avec des clients. L’entreprise compte 72 salariés.

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2 commentaires

  • Bonjour, je m’intéresse à ce métier. Vos articles sur les différents parcours sont instructifs. Peut être qu’un jour vous aurez a rajouter comment une infirmière est devenue chief happiness officer 🙂

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