L’entreprise en fête

faire-la-fete-en-entreprise

Pourquoi la fête est-elle indispensable à la vie de l’entreprise ? Et comment s’y prendre pour que l’événement soit réussi ?

C’est aujourd’hui qu’a lieu la 4e édition de la fête des voisins en entreprise. Mais le reste de l’année l’anniversaire d’un collègue, le départ à la retraite d’un autre, la signature d’un gros contrat, un mariage, une naissance, ou tout simplement l’année nouvelle ou l’arrivée de l’été, constituent autant d’occasion d’organiser une fête en entreprise. Ont-elles vraiment leur place dans un collectif de travail ?

Des moments profitables aux individus comme à l’entreprise

Pour Jean-Claude Delgènes, fondateur et directeur général de Technologia, un cabinet spécialisé en prévention des risques psychosociaux agréé par le ministère du Travail, « trop souvent, on a tendance à gommer la dimension humaine, affective et émotionnelle dans l’entreprise. Or l’être humain reste un être fait de joie, de plaisir, d’amitié, voire d’amour, il n’est qu’à voir le nombre de rencontres qui ont lieu en entreprise. La fête et plus généralement les moments de convivialité sont extrêmement profitables aux individus en développant les relations interindividuelles qui, lorsqu’elles sont bonnes, sont un facteur de protection contre les risques psycho sociaux. Mais pour l’entreprise également : on travaille mieux dans un collectif où règnent l’harmonie et la solidarité ».

« La vraie autorité, c’est être authentique »

Mais une fête réussie suppose un minimum de décontraction. Pas facile pour des employés de se lâcher devant le patron, ni pour les managers de se laisser aller devant leurs collaborateurs. Un faux problème pour Jean-Claude Delgènes : « Aujourd’hui, l’autorité s’appuie davantage sur les compétences que sur la hiérarchie. Dans une fête, chacun doit rester naturel, avec ses prérogatives. La vraie autorité, c’est d’être authentique. »

À chacun sa fête

jean-claude-delgenes

Jean-Claude Delgenes

Bien sûr, la fête sera différente dans une agence de publicité que dans une société de service informatique ou sur un chantier. La forme de l’événement dépendra de la culture de l’entreprise, des métiers exercés, de l’environnement de travail, de la moyenne d’âge… « Peu importe, estime Jean-Claude Delgènes, l’important, c’est d’instaurer une ambiance joyeuse qui permette aux gens d’être ensemble et de se découvrir dans une atmosphère détendue, différente de celle de travail. »

Fixer un cadre

Pour autant, mieux vaut fixer un cadre accepté par tous, afin d’éviter les déconvenues ou les déceptions, notamment pour tous les événements informels. Après tout, une fête peut être improvisée au dernier moment, par exemple pour célébrer avec tous les collaborateurs la signature d’un contrat important. Mieux vaut alors que les règles du jeu soient connues de tous notamment en ce qui concerne la consommation d’alcool (voir encadré).

Pour les fêtes plus importantes, il s’avère utile de créer un comité d’organisation réunissant des collaborateurs issus de divers services, d’âge et de sexe différents, sur la base du volontariat. Ce peut être d’ailleurs un moyen de valoriser certains salariés en leur confiant des responsabilités.

Fédérer le plus grand nombre

En fonction de l’objectif poursuivi et du budget attribué, le comité choisira d’abord un type de fête apte à fédèrer le plus grand nombre. Au rayon des grands classiques d’hier et d’aujourd’hui: la garden party, l’arbre de noël, le karaoké, la soirée dansante ou costumée, la soirée casino, la chasse au trésor… Mais il n’est pas interdit de faire preuve de davantage d’originalité sur le thème ou sur le lieu. Quelques idées :

  • la “murder party”. Les participants doivent enquêter pour trouver le meurtrier parmi eux (attention au choix du meurtrier !). Dans le même ordre d’idée, certains prestataires proposent une soirée Cluedo dans le musée d’Orsay à Paris ;
  • la soirée imitation. Chacun est invité à imiter l’un de ses collègues (attention aux susceptibilités…) ou un de ses clients.
  • la fête créative, en proposant aux collaborateurs de créer une œuvre collective à partir de différents matériaux ;
  • des lieux insolites. Et il y en a ! Par exemple dans les arbres, les catacombes, un musée, un train, dans un autobus aménagé en bar discothèque, ou même, pourquoi pas… au camping !

À ne pas oublier bien sûr, la communication auprès des salariés, la logistique et la sécurité. Il peut également être utile de prévoir le transport, notamment le retour – pour éviter de voir certains reprendre le volant alors qu’ils ne sont plus en état de conduire. Enfin, un petit souvenir de l’événement remis à chaque participant l’encouragera à partager son vécu avec ses proches – ou décorera un bureau.

Attention à l’alcool
L’article R4228-20 du Code du Travail prévoit qu’“aucune boisson alcoolisée autre que le vin, la bière, le cidre et le poiré n’est autorisée sur le lieu de travail”. Avec une amende de 3750 euros appliquée “autant de fois qu’il y a de salariés de l’entreprise concernés indépendamment du nombre d’infractions relevées dans le procès-verbal”. Soit 375 000 euros pour 100 salariés. Voilà de quoi encourager à sortir des locaux, et à prévoir des solutions pour raccompagner les collaborateurs chez eux. En cas d’accident lié à la consommation d’alcool survenant après une fête, la responsabilité de l’employeur est systématiquement engagée.

Laisser un commentaire