AirBnB, nouveau champion du bleisure

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AirBnB a lancé il y a un an et demi une offre destinée aux voyageurs professionnels. Une offre qui s’inscrit en complément de celle, plus classique, des hôtels, tout en répondant à la demande croissante des voyageurs de pouvoir mixer affaires et loisirs – le fameux « bleisure ».

En dehors de l’hôtellerie classique, point de salut. Vraiment ? Après les particuliers, et avec l’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché du logement de voyage, les entreprises sont en train de revenir sur cette affirmation. Utilisateurs de service de type AirBnB pour leurs voyages privés, les collaborateurs sont de plus en plus nombreux à réclamer à leurs entreprises la possibilité d’en profiter lors de déplacements professionnels. Une manière de joindre l’utile à l’agréable. C’est là l’une des expressions du phénomène que l’on nomme bleisure (voyages mixant Business et Loisirs – bleisure en anglais)

Nous nous sommes entretenus avec un voyageur, Bert Van Loon, utilisateur assidu d’appartements AirBnB pour ses déplacements professionnels, ainsi qu’avec Arnaldo Muñoz, directeur du marché espagnol pour AirBnB et spécialiste du business travel.

Bleisure : pour qui et pourquoi ?

Arnaldo Muñoz rappelle quelques chiffres pour planter le décor du phénomène bleisure : « les voyageurs concernés représentent aujourd’hui plus de 30% du total des voyageurs d’affairesOn les divise en deux sous-groupes. Le premier se compose de personnes voyageant pour le travail et en profitent pour faire des découvertes personnelles. Le deuxième est composé de professionnels qui apprécient l’aspect social du voyage d’affaires, c’est-à-dire la possibilité de partager quelque chose avec ses collègues » précise-t-il.

Plus convivial, aussi pratique, plus sympa

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Bert van Loon

Bert Van Loon appartient aux deux catégories. « Avec un appartement, on a l’impression de participer un peu à la vie locale, on s’immerge un peu plus. Il y a un côté sympa à découvrir le quartier, à faire une petite virée au supermarché du coin pour les produits du petit déjeuner. Cela ajoute une dimension découverte au voyage d’affaires. Si en plus je voyage avec un collaborateur ou un collègue, ajoute-t-il, il y a le côté facile d’avoir chacun sa chambre et sa salle de bain tout en profitant d’un espace commun et privatif pour travailler ensemble. C’est plus convivial, c’est aussi pratique, et plus sympa qu’un hôtel» s’enthousiasme-t-il.

Intégrer dans la pratique l’offre d’AirBnB en entreprise

«Notre offre business travel vise à offrir une intégration la plus efficace possible aux entreprises », déclare Arnaldo Muñoz. « L’outil de réservation en ligne est le plus simple du marché, on a vraiment cherché un design customer-centric, à la fois pour l’entreprise, le voyageur et l’agent de voyage. L’idée c’est que l’entreprise ait un accès immédiat, simple et facile :

  1. à l’inventaire des appartements
  2. aux requêtes des collaborateurs
  3. aux voyageurs en déplacement
  4. au reporting (factures, notes de frais, etc.)

Il précise : « Depuis peu, une nouvelle fonctionnalité permet ainsi de réserver pour un tiers ». Plus de 50 000 professionnels en sont déjà utilisateurs, provenant d’entreprises comme Google ou Salesforce, d’entreprises de tailles plus modestes ou encore d’indépendants comme Bert Van Loon.

10% des clients AirBnB sont des voyageurs d’affaires

« 10% de nos clients sont des voyageurs d’affaires. Depuis que nous avons mis en place l’offre business il y a un an et demi, la proportion de voyageurs professionnels est en augmentation constante » précise Arnaldo Muñoz.

« Nous avons signé des partenariats avec toutes les grandes agences de voyages d’affaires, dont American Express, BCD Voyage et Carlson Wagonlit Voyage. Les agences intègrent ainsi notre inventaire dans leurs offres. Ces partenariats rassurent les entreprises en leur permettant de continuer à contrôler que leur politique voyage est respectée » ajoute-t-il encore.

Travailler son image employeur

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Arnaldo Muñoz

Permettre à ses collaborateurs de loger dans un appartement est aussi une manière de faire évoluer sa politique de voyage afin d’améliorer son image employeur. « La question de la travel policy est un argument pour certaines populations au moment de l’embauche, notamment parmi les talents rares. Proposer à ses employés la possibilité d’utiliser un logement de notre inventaire est une manière de leur envoyer le message que l’entreprise se soucie de leur confort lors des déplacements, qu’il lui importe que leur expérience soit bonne » témoigne Arnaldo Muñoz.

Hotel ou AirBnB, comment choisir ?

« Si je voyage seul et sur une très courte durée, je choisirai l’hôtel : je sais qu’il y a un standard d’accueil, un service, et, en quelque sorte, c’est facile, je n’ai à me soucier de rien » explique Bert Van Loon. « Pour une durée un peu plus longue, l’avantage de l’appartement c’est que je peux vraiment m’installer et me sentir chez moi, à mon aise. Cela m’apporte une autonomie que j’apprécie » résume-t-il.

La durée du déplacement serait donc le critère principal ? « La moyenne du nombre de jours réservés sur notre plateforme est de 6,8 (contre 2 ou 3 jours maximum pour les hôtels), précise Arnaldo Muñoz. Quand ils voyagent plus de trois jours, les gens cherchent une expérience qui leur permette de vivre un peu plus sainement : la possibilité de cuisiner, donc de préserver ses habitudes alimentaires, d’avoir un espace privatisé plus grand qu’une simple chambre, d’avoir accès à une machine à laver, à un fer à repasser, etc. C’est une question de maintien de ses habitudes de vie » conclut-il.

Et Bert Van Loon de préciser : « Je prends un appartement quand j’ai un peu de temps, aussi parce qu’il faut pouvoir gérer de potentiels aléas. Par exemple, pour récupérer la clé, l’organisation est souvent moins simple que dans un hôtel. Il faut aussi accepter de pouvoir connaître quelques galères, par exemple quand le WiFi tombe en panne. »

Une solution appréciée des congressistes

Inutile de préciser que lorsque l’offre de logement classique est saturée, lors de grands salons et congrès, par exemple, l’offre d’appartements d’Air BnB apporte un complément bienvenu. C’est d’ailleurs à l’occasion d’un voyage d’affaires pour une conférence que les tous premiers clients d’AirBnB ont réservé un appartement via la plate-forme. « Le voyage d’affaires fait partie de l’ADN de notre service » souligne Arnaldo Muñoz.

Lire aussi « Bleisure, l’utile et l’agréable en voyage d’affaires »

Des logements « business ready »

A ce jour, AirBnB propose un inventaire de plus de 2 millions d’appartements dans 140 pays. Pour aider les professionnels à trouver un logement adéquat à leurs besoins, la plateforme a créé un filtre permettant de rassembler en un clic les logements « business ready »: « ils offrent un check-in 24h/24, le WiFi haut débit, un vrai espace de travail, des détecteurs de fumée et de monoxyde de carbone, etc. » résume Arnaldo Muñoz. Si leur nombre est encore trop réduit pour être officiellement communiqué, leur proportion ne fait que croître depuis le lancement de l’offre professionnelle.

WiFi à tous les étages

Le WiFi constitue un argument de poids pour Bert Van Loon. « Aux Etats-Unis, le WiFi est rarement disponible dans les chambres d’hôtel (believe it or not!) – ou alors à des prix rédhibitoires, alors que c’est un service presque incontournable dans les appartements AirBnB » rappelle-t-il. Prendre un appartement « permet d’éviter de se joindre aux classiques scènes de voyageurs d’affaires en chaussettes, comme en manque, armés de leurs laptops, descendant dans le lobby de l’hôtel où le wifi est gratuit, pour se connecter furtivement avant de remonter dans leurs chambres », sourit-il.

Quid de la sécurité ?

« Je ne suis pas sensible à l’argument sécuritaire, mais je conçois qu’on puisse l’être, déclare Bert Van Loon. « Dans un hôtel, en cas de feu il y a une procédure et une prise en charge. Et puis quand on loue un appartement airbnb, on est repérable en tant qu’étranger parmi le voisinage, ce qui peut aussi exposer à des risques de cambriolage plus importants » reconnait-il.

« Le « duty of care » est l’une de nos plus grandes préoccupations, répond Arnaldo Muñoz. Malheureusement on ne peut pas éliminer tous les risques lors d’un voyage, mais sur 100 millions de voyageurs, il n’y a finalement, que très peu de mauvaises expériences. Par ailleurs nous fournissons aux travel managers un outil qui leur donne plus de visibilité et d’informations sur les voyageurs dont ils s’occupent, ce qui participe du duty of care. De plus, nous avons un contrat avec International SOS, pour assurer une assistance médicale et des services de sécurité à l’étranger » ajoute-t-il.

Reste donc, selon la plateforme, à faire connaître aux entreprises son offre professionnelle. CQFD !

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