La sophrologie au service du changement

Sophrologie et conduite du changement

La préoccupation croissante en matière de bien-être au travail conduit nombre de managers à développer la pratique de la sophrologie dans l’entreprise. Basée sur la respiration, la décontraction musculaire et la suggestion mentale, cette discipline se révèle efficace pour accompagner les collaborateurs dans un changement, en leur redonnant confiance et en les projetant positivement dans l’avenir.

« L’idéal, c’est de favoriser la pratique de la sophrologie, en “temps de paix”. Mais elle peut également aider de nombreux collaborateurs à surmonter et dépasser des situations compliquées qui génèrent du stress et de la tension ». Pour Catherine Aliotta, directrice pédagogique de l’Institut de formation à la sophrologie et auteure de Sophrologie et entreprise – Manuel Pratique, la discipline se révèle efficace pour accompagner un changement tel que l’arrivée d’un manager, une croissance forte de l’entreprise, un déménagement, etc.

Sortir de l’état purement émotionnel

Confrontés à un changement, les collaborateurs passent généralement par 5 grandes phases :

  • L’indifférence quand ils nient le changement et continuent d’agir selon leurs habitudes ;
  • La résistance lorsqu’ils reçoivent l’information et qu’elle génère une forme d’appréhension, voire de peur ;
  • L’adhésion ou la non adhésion, la phase charnière susceptible de créer des conflits entre ceux qui acceptent le changement et s’installent dans le nouveau mode de fonctionnement, et ceux qui le refusent jusqu’à entrer dans l’affrontement ;
  • L’engagement au cours duquel, les collaborateurs s’investissent pleinement dans le nouveau système.

La sophrologie peut intervenir à ces différents niveaux. Par exemple, à l’annonce du changement il est possible d’aider les collaborateurs à dépasser leur peur, qui génère du stress et qui s’autoalimente. « La sophrologie permet de prendre du recul, de sortir de l’état purement émotionnel et de se tourner positivement vers le futur, explique Catherine Aliotta. En retrouvant une stabilité émotionnelle, chacun peut développer ses capacités d’adaptation et renforcer la confiance en soi. »

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Activer les trois leviers de la sophrologie

Catherine Aliotta

Catherine Aliotta – Sophrologue

Et ce, en agissant sur trois leviers : la respiration, la décontraction musculaire et la suggestion mentale. Les deux premiers portent sur la physiologie de la personne, et visent à enrayer les effets négatifs du stress : réduire le rythme cardiaque, diminuer le taux de sucre, baisser les tensions musculaires et nerveuses.

Induite par la voix du sophrologue, la suggestion mentale, quant à elle, vise à “recentrer” notre cerveau sur nos capacités plutôt que sur nos doutes, sur nos forces plutôt que sur nos faiblesses, sur des situations agréables plutôt que sur des mauvais souvenirs. « Nous ne faisons pas la différence entre notre vécu et notre imagination, indique Catherine Aliotta. Les réflexes physiologiques se mettent en place à la lumière de ce que nous imaginons. Il est donc essentiel, d’une part, de faire resurgir toutes les situations dans lesquelles on a su faire face, et, d’autre part, se projeter dans l’avenir de manière positive. »

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Se projeter positivement dans le futur

Autrement dit, la suggestion mentale permet de faire remonter les expériences positives mais également de projeter le cerveau dans le futur pour y “programmer” une situation positive, par association d’idées. Ainsi, à l’occasion d’un déménagement, le collaborateur est à même de se transporter dans son futur bureau en ancrant dans son cerveau une sensation de bien-être. Autre exemple, un commercial inquiet par la perspective d’objectifs en forte croissance peut retrouver sa confiance en soi, en faisant remonter à la surface des réussites passées qui le projettent positivement vers l’avenir.

Créer une dynamique collective

L’exercice est parfois mené collectivement : cela devient alors un moyen de donner une cohésion à l’équipe en trouvant les ressources pour faire face ensemble. Catherine Aliotta se souvient ainsi d’avoir accompagné un service entier, y compris avec sa responsable, pour créer une dynamique. Toutefois, dans ces accompagnements collectifs, il n’est pas recommandé que le manager participe, pour éviter le blocage de certains collaborateurs.

Si la sophrologie apparaît comme une bonne méthode d’accompagnement du changement, elle ne saurait être dévoyée comme un moyen de faire “avaler une pilule amère”. Dans le cadre d’un plan de réduction d’effectifs, par exemple, il est normal que les collaborateurs concernés soient angoissés et n’acceptent pas la situation. « La sophrologie est là pour les aider à dépasser l’état de sidération, les remettre en action, afin de mieux gérer leur départ ou parvenir à envisager un avenir professionnel », indique Catherine Aliotta.

D’ailleurs, les sophrologues interviennent dans un cadre précis avec des règles éthiques, notamment en termes de confidentialité des informations. Le sophrologue n’est pas là pour faire passer les messages du dirigeant d’entreprise ou du manager, mais pour placer les collaborateurs en condition d’écoute, de compréhension, et de confiance en eux. Chacun ensuite est libre d’accepter ou non le changement.

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