Job sharing : une mission, deux collaborateurs

Le job sharing compte parmi les solutions nouvelles propres à assurer souplesse, efficacité, ainsi qu’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Prometteuse, sa pratique est encore bien peu développée en France. Principes et conditions de réussite du job sharing.

Qu’est-ce que le job sharing ?

Le job sharing (partage de poste de travail) consiste à attribuer un seul poste à plusieurs personnes – le plus souvent deux. Chacun travaille à mi-temps ; rien à voir, donc, avec le travail en temps partagé qui consiste pour un expert, à diviser son temps entre plusieurs entreprises, en qualité de salarié ou d’indépendant. On parle de top sharing pour les postes de direction.

La pratique la plus répandue est de recourir à deux contrats de travail à temps partiel ; ces salariés ne sont liés entre eux par aucune relation juridique, mais identifiés comme co-responsables de leur mission. D’autres formules existent : en Suisse, par exemple, on établit un seul et même contrat pour les deux personnes !

Des avantages partagés

Pour l’employeur, le système présente des avantages solides :

  • Plus d’absence en période de congés (une des conditions étant généralement de ne pas prendre ses vacances en même temps) ;
  • Remplacement du collaborateur malade au pied levé par son binôme ;
  • Attractivité certaine en termes de recrutement ;
  • Créativité et une motivation accrue, grâce au fonctionnement en équipe ;
  • Une aptitude au partage d’information et de connaissance renforcée ;
    Et finalement : une productivité améliorée !

Cöté salariés en job sharing, l’intérêt n’est pas moindre :

  • L’opportunité de concilier vie professionnelle et personnelle, ou encore de s’adonner au slash et de cumuler plusieurs emplois ;
  • La possibilité pour les femmes d’accéder à un poste à responsabilités, même avec des enfants en bas âge ;
  • L’expérience nécessite et développe un certain nombre d’aptitudes propres à intéresser de futurs employeurs ;
  • L’opportunité de bénéficier des connaissances et méthodes de travail de son alter ego.

Les conditions du succès

Le succès d’un job sharing réussi repose sur la capacité du tandem à fonctionner en symbiose. Car la particularité de cette organisation est que le binôme se comporte comme un seul homme : l’employeur, les collègues ou les clients doivent avoir le sentiment de n’avoir qu’un seul interlocuteur. Pas question de répondre « Je ne sais pas c’est mon collègue qui suit l’affaire ». Les dossiers et responsabilités sont intégralement partagés et les décisions prises indifféremment par l’un ou par l’autre : la communication doit donc être fluide et constante.

D’un point de vue organisationnel, il n’y a qu’une seule adresse mail, un seul numéro de téléphone et le tandem se charge lui-même de son planning (dates de congés, répartition du temps de travail dans la semaine).

Les raisons d’un retard

Le job sharing est courant aux États-Unis, au Royaume-Uni (dans la fonction publique), en Suisse, et se répand actuellement en Allemagne. Tardivement introduit en France  – par Hewlett Packard en 1994, il peine à s’y faire connaître. Les raisons seraient d’ordre culturelles, selon le Centre d’analyse stratégique français dans son rapport de 2011 sur les nouvelles organisations du travail. L’image du contrat à temps partiel serait l’une des explications à cette réticence.

L’un des freins réside peut-être aussi dans l’appréhension des RH à se lancer dans la gestion de ce nouveau genre de collaborateur à deux têtes. Les coûts en ressources s’avèrent également légèrement supérieurs : deux ordinateurs, deux budgets de formation, le temps consacré à la passation des consignes…

Le job sharing répond aux aspirations de souplesse, de collaboration et de qualité de vie : il ne reste plus aux entreprises qu’à apprendre à fonctionner avec ce modèle différent.

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