Soutenir les collaborateurs aidants

comment soutenir les salariés aidants ?

Avec le vieillissement de la population, le nombre des aidants est appelé à se développer, engendrant des situations personnelles et professionnelles difficiles à gérer. Les managers ont un rôle à jouer.

Cinq millions de salariés, soit un sur cinq, aident un de leurs proches en perte d’autonomie. Ils sont 10 % de plus qu’il y a dix ans[1]. Cela n’a rien de surprenant : avec le vieillissement de la population, davantage de collaborateurs vont se trouver confrontés au grand âge de leurs parents. De son côté, l’accompagnement d’enfants ou de proches, handicapés ou atteints d’une longue maladie, demeurera toujours aussi important.

Des conséquences importantes sur la vie professionnelle

Pour les aidants, la semaine est difficile à gérer. Au travail, à la vie de famille, s’ajoute la prise en charge d’une personne dont il faut gérer un emploi du temps souvent lourd : prise de rendez-vous et accompagnement chez les médecins, démarches administratives, soins du quotidien… Il s’ensuit souvent l’impression de ne pas s’en sortir et de ne jamais « pouvoir souffler ».

Absentéisme, baisse de la productivité, mal être, les conséquences sur la vie professionnelles sont importantes : 44 % des salariés aidants interrogés par Malakoff Médéric en 2017 reconnaissent être très sollicités par téléphone. Un tiers a dû changer ses horaires de travail, 29 % ont réduit leur présence. Ce qui génère des problèmes d’organisation, sans compter les risques liés à la fatigue et à la moindre vigilance, ni une prise de recul qui peut s’avérer fâcheuse pour l’engagement de la personne concernée.

D’où l’intérêt pour l’entreprise d’aider ses aidants et d’anticiper.Ils sont en demande : selon la DREES, 73 % des aidants estiment que leur employeur a un rôle à jouer pour faciliter la conciliation vie d’aidant – vie professionnelle.

Commencer par en parler

Le dispositif légal prévoit trois types de congés (voir encadré). La loi du 13 février 2018 a introduit la possibilité pour un collaborateur de céder des jours de RTT à un collègue dont l’enfant est gravement malade. Il existe également des aides qui ne concernent pas directement l’entreprise. Par exemple, la loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement de 2015 instaure un droit au répit pour les proches aidants de personnes âgées de plus de 60 ans en situation de dépendance, qui inclut une aide financière en cas de recours à des structures adaptées – relais à domicile, hébergement temporaire accueil de jour ou de nuit de la personne aidée.

Mais rien n’empêche l’entreprise d’aller au-delà des obligations légales. D’abord en abordant franchement le sujet. L’accompagnement d’un proche âgé, malade ou handicapé reste souvent un sujet tabou, par pudeur ou parce que le collaborateur craint que l’on ne lui fasse plus confiance. Toujours selon Malakoff Méderic, 70 % des aidants ne le disent pas à leur supérieur hiérarchique. Difficile de soutenir une situation dont on n’est pas au courant.

Des solutions simples pour soulager les aidants

L’entreprise peut donc commencer par informer les collaborateurs sur leur droit et sur des dispositifs souvent méconnus. L’Association française des aidants propose ainsi des actions de sensibilisation. Il s’agit bien sûr de faire connaître leurs droits aux collaborateurs, mais également d’aider les managers à mieux appréhender le phénomène pour mieux l’accompagner.

Car une fois connues les situations, il existe des solutions simples pour soulager les aidants. À commencer par l’aménagement du temps de travail. Légalement, il est possible d’obtenir des jours de congés supplémentaires ou de refuser de travailler de nuit, mais il est toujours possible de réfléchir à des solutions d’horaires flexibles, et/ou de télétravail, pour soulager l’aidant du temps de déplacement domicile-travail. Certaines sociétés ont permis la conversion du 13emois en congés, ou mis en place un crédit d’heures annuelles.

Autres soutiens possibles, la mise à disposition de CESU préfinancés pour mettre en place des prestations d’aide à domicile. Citons aussi les conciergeries d’entreprise, qui facilitent les démarches quotidiennes des collaborateurs.

Au-delà de toutes ces initiatives, c’est au quotidien que le manager peut aider un collaborateur aidant, par une attitude bienveillante et une écoute discrète.

[1]Source : DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques)

Trois types de congés

La Loi prévoit trois types de congé pour les aidants.

  • Le congé pour solidarité familiale: 3 mois, renouvelables une fois, pour aider un proche en fin de vie. Il est non rémunéré mais l’aidant peut bénéficier d’une allocation journalière.
  • Le congé de proche aidant: 3 mois renouvelables pendant un an, pour accompagner une personne handicapée ou en perte d’autonomie. Il n’est pas rémunéré.
  • Le congé pour présence parentale: 310 jours ouvrés, soit 14 mois, dans la limite de 3 ans, afin d’accompagner un enfant soumis à des soins contraignants. Il est non rémunéré, mais l’aidant peut bénéficier sous certaines conditions de l’allocation journalière de présence parentale.

En savoir plus :

Le site de l’AFA (Association française des aidants) comprend une partie dédiée aux entreprises pour la mise en œuvre d’une politique d’accompagnement des aidants.

« Concilier Vie professionnelle et vie personnelle : Travailler tout en aidant un proche » : un guide conçu par Klezia en collaboration avec l’AFA, disponible ici.

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